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Le 18 juin 2008, dans l’indifférence totale des chefs d’États africains, le parlement européen a voté la directive du retour. Sous le prétexte d’harmoniser au niveau européen la législation en matière de rétention (emprisonnement) et d’expulsion des personnes en situation irrégulière, la Commission européenne s’est dotée d’un arsenal de mesures répressives contre les sans papiers.

Désormais, des sans papiers pourront être emprisonnés pendant 18 mois avant leur expulsion et subir une peine systématique d’interdiction du territoire européen de 5 ans. Chose grave, le continent européen d’habitude très rigoureux sur la défense des droits des enfants, dans sa hargne contre les sans papiers a décidé de ne pas faire de discernement.

Les mineurs accompagnant leurs parents n’auront droit à aucune protection particulière et seront internés avec leurs parents. Face à cette décision européenne, le silence des chefs d’États africains est des plus surprenants. Aucun chef d’Etat africain n’a eu le courage de s’élever contre cette nouvelle démarche européenne.

Au moment où les chefs d’États africains observaient un silence complice, ce sont deux chefs d’États de l’Amérique latine qui se sont élevés contre l’Europe et cette directive inique que certains ont vite fait de qualifier de directive de la honte.

Evo Morales de la Bolivie et Hugo Chavez du Venezuela ont dénoncé la directive du retour adoptée par les Européens. Pour montrer sa détermination, Chavez est même allé jusqu’à menacer d’interrompre les exportations de pétrole vers les pays européens.


Assane Koné

14 Juillet 2008