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Suite au renouvellement de la coopérative de Saouné du cercle de Diré, le 25 novembre dernier, des centaines de cultivateurs de cette circonscription se sont vu refuser l’accès à la salle. Avant d’être molestés et gazés par des policiers.

En effet, c’est la première fois que dans ce cercle de la région de Tombouctou, des pères de famille sont tabassés, gazés et humiliés par des forces de sécurité et en première ligne, le Commissaire, accusé d’être à la solde du maire controversé, Kalil Ibrahim. De quoi s’agit-il ?

Au cours d’une de ses visites sur le terrain, l’ancien ministre de l’Agriculture, Seydou Traoré, a eu connaissance d’un détournement de céréales dans le magasin de la coopérative des paysans, dirigée par le maire avant son élection à ce poste.

L’édile avait expliqué cette situation par un dépérissement de 11% du stock estimé alors à 300 tonnes. Ce qui scientifiquement semble ne pas se justifier.

De retour à Bamako, l’ancien ministre envoie à Diré un contrôle qui constate le «détournement». Des paysans avaient réclamé du maire le remboursement.

Voilà qu’après le changement de gouvernement, le maire monte sur ses grands chevaux et déclare la guerre à tous les paysans qui ont osé lui demander des comptes. C

‘est ainsi qu’il a convoqué, le 25 novembre, une assemblée générale en complicité, semble t-il, avec le préfet et le Commissaire.

En effet, il a adressé des invitations sélectives aux paysans et tous ceux qui sont venus se présenter le jour de l’élection n’ont pas eu accès à la salle.

Pire, ils ont été molestés et gazés. Certains ont été séquestrés durant quarante huit heures au commissariat de police, notamment Youba Djittèye et Lacina Kinta.

C’est dans ce contexte que le maire a mis en place un bureau fantoche, non représentatif que lui-même dirige.

Cette situation a provoqué la révolte des paysans qui, d’ores et déjà, ne sont pas prêts à payer la redevance eau à une équipe contestée. C’est dire qu’un bras de fer est encore à venir.

Le maire a pu rallier à sa cause le juge qui a condamné deux personnes à un mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir dénoncé le «détournement des céréales».

Etes-vous des contrôleurs ? Qui vous a désignés pour surveiller un quelconque détournement. Voilà, entre autres, les interrogations que le brave juge a posé à ces condamnés.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a une situation sociale qui pourrait devenir à tout moment une bombe à retardement si les autorités ne s’impliquent pas dès maintenant.

Ne dit-on pas que gouverner, c’est prévenir ?

A suivre.

Chahana TAKIOU

03 décembre 2007.