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Le denier conseil communal de la mairie de Diongaga dans le cercle de Yélimané a pris un certain nombre de mesures dont certaines pénalisent les travailleurs saisonniers principalement ceux qui ne possèdent pas de carte d’identité civile, devenus persona non grata. Ces derniers ont purement et simplement décidé de quitter la localité au risque de compromettre une bonne récolte.

Le maire de la Commune de Diongaga et ses conseillers ont, à l’issue de leur dernier conseil, décidé de s’attaquer à la cherté de la vie. Ils ont pris des mesures qui visent à faire baisser le prix de certaines denrées de première nécessité par le contrôle du prix de ces denrées sur le marché local.

Cette décision a suscité la joie au sein des populations qui espèrent être épargnées de la spéculation surtout en cette période de ramadan au cours de laquelle généralement les prix de produits à grande consommation prennent l’ascenseur.

Mais, en plus de cette décision salutaire une partie de la population a exprimé son indignation au sujet du réaménagement des horaires de travail saisonniers qui ont vu leur volume augmenter.
En effet, la nouvelle mesure impose aux travailleurs saisonniers de travailler dans les champs de 8 h à 13 h et de reprendre le soir à 14 pour finir à 17 h pour une rémunération journalière de 1500 F CFA.

Or, ces travailleurs ont toujours travaillé dans les champs d’arachide, maïs, riz… du village de 8 h à 12 h le matin et de 14 h à 16 h le soir au même prix, c’est-à-dire à 1500 F CFA par jour. La nouvelle décision fait une augmentation de 2 h de travail sans que leurs salaires s’améliorent.
Les travailleurs saisonniers de Diongaga qui viennent généralement des régions de Ségou et Sikasso estiment que rien ne justifie cette décision. Ils crient à l’acharnement depuis qu’une autre mesure du maire est venue tout chambouler.

En effet, le maire a demandé à la population de Diongaga de n’héberger aucun saisonnier qui n’a pas sa carte d’identité civile. Qu’est-ce que la mairie a fait pour faciliter l’accès de ces cartes d’identité nationale ? C’est la question que des ressortissants de Diongaga se posent.
Or, il n’est pas possible pour les habitants du village de confectionner une carte d’identité sur place. Ils sont obligés de se rendre à Tambakara, un arrondissement, situé à environ 5 km de leur village pour se faire une carte.

Les mesures de la mairie qui avaient pourtant été applaudies par la population, précisément les propriétaires de champs, suscitent déjà l’inquiétude depuis que certains saisonniers ont commencé à quitter le village au moment où les cultures sont au stade de la levée.
Selon un technicien du ministère de l’Agriculture, c’est surtout à ce stade de levée que les plantes ont besoin de main d’œuvre pour le sarclage du mil et le maïs ainsi que le désherbage du riz. Ces opérations consistent à débarrasser les cultures des mauvaises herbes tout en leur permettant de faire normalement leur taillage. Le maire de Diongaga doit donc revoir sa copie s’il veut garantir une bonne récolte.

Amadou Waïgalo

17 Aout 2010