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«Le Mali… coupé en deux». Ce n’est point une révélation mais le terme est pour la première fois employé par une voix officielle : celle du président par intérim Dioncounda Traoré. «L’existence du pays en tant que nation, en tant qu’Etat et en tant que territoire est en jeu,» a-t-il confirmé tout en rendant hommage aux soldats tombés au front.

Le destin a imposé au désormais ex-président de l’Assemblée nationale de faire face à la question sécuritaire du nord du pays qu’il a vu développer pendant ces vingt dernières années. Aussitôt investi président de la République, le Pr. Dioncounda Traoré s’est adressé à la nation : « J’ai conscience d’être le président d’un pays en guerre qui veut, sans tarder, recouvrer la paix », a-t-il indiqué. « Toutes les nations ont leurs moments difficiles », a expliqué le président nouvellement installé. « Le Mali, poursuit-il, qui vient de fêter son cinquantenaire, il y a de cela moins de deux ans, n’a jamais connu de moments aussi difficiles… ».

Le 17 janvier 2012, une rébellion armée est apparue dans la partie septentrionale du pays. A l’issue de deux mois de combats, les assaillants se sont emparés des trois régions nord (Tombouctou, Gao et Kidal) du pays, exigeant, pour un groupe, l’indépendance de cette partie du territoire, et pour un autre groupe, l’instauration de la charia au Mali. Selon le Pr. Dioncounda Traoré, la situation nécessite une reconstruction du pays. Reconstruction à laquelle le sacrifice de tous les citoyens est indispensable. « Chaque main est utile pour reconstruire brique après brique l’édifice commun dont nous étions tous fiers et qui s’est révélé fragile », commente-il.

Le président de la République dit mesurer l’ampleur des défis qui sont ceux de la République du Mali, donc le sien.

Héritant du pouvoir dans une situation dramatique, le président investi le 12 avril, aura comme tâche prioritaire de reconquérir ces territoires perdus et faire régner l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du pays. Comme méthode d’action, le nouveau chef du Mali a indiqué : « Nous préférons la paix mais si la guerre est la seule issue, nous la ferons. Nous la ferons avec notre armée remise en conviction et en confiance ». En tout état de cause, précise le Pr. Traoré: « Nous ne négocierons jamais la partition de notre pays ! ».

Seydou Coulibaly

13 Avril 2012

©AFRIBONE