Partager

Le sort a vraiment voulu que Dioncounda Traoré soit investi comme Chef de l’Etat, au CICB, ce matin du 12 avril 2012. A l’occasion, il a déclaré : ‘’ Je ne me déroberai ni à mon destin ni à mes responsabilités. Il ne saurait y avoir pour moi que le Mali, qu’un Mali ressaisi, un Mali réunifié territorialement, humainement et spirituellement. ‘’ On n’attendait pas de lui un autre discours. Avait-il vraiment le choix quand le Mali est meurtri dans sa chair et ses habitants en détresse au Nord ? En fait, c’est aussi rappeler que le parcours du président de la République intérimaire a coïncidé avec des périodes de crises dont il est sorti, jusqu’ici, par la grande porte.

En effet, en 2000, au cours d’un congrès extraordinaire, la plupart des observateurs n’attendaient pas Dioncounda Traoré prendre le relais de l’ancien président de l’Adéma-pasj, Ibrahim Boubacar Kéita poussé à la démission par une vague d’opposants à la candidature naturelle, dénommée le courant des rénovateurs. Les animosités avaient atteint un sommet qui a fini par faire éclater le parti poussant les partisans d’IBK à créer le Rpm. Malgré toutes ces turbulences, le choix du président du parti s’est porté sur Dioncounda Traoré qui, curieusement, ne figurait de manière visible, dans aucune tendance.

On l’avait appelé le choix du consensus, à une période où les Abeilles traversaient une crise profonde. En effet, la candidature du parti à l’élection présidentielle de 2002 a donné lieu à une division et à des exclusions. En 2007, le député Dioncounda Traoré est élu par une majorité absolue de 111 voix sur 147, président de l’Assemblée nationale, après moult négociations et sans avoir, au préalable rencontré l’opposition de certains partis tels que le Cnid-fyt, le Mpr et la quasi-majorité des députés indépendants censés représenter le courant de l’ancien président ATT.

Ce fut le début de l’opposition du courant partisan à celui des Indépendants, mené en premier lieu par Dioncounda Traoré, président de l’hémicycle. Sa désignation comme candidat du parti à l’élection présidentielle de 2012, non plus, n’a pas été de tout repos, car elle rencontré des résistances internes, certains s’étant carrément prononcés pour le choix de Modibo Sidibé. Ce fut encore une période de tension et de division, mais encore une fois, Dioncounda Traoré avait su tirer son épingle du jeu. Aujourd’hui, le sort a voulu qu’il soit désigné président de la République du Mali par intérim, après le surprenant coup d’Etat militaire et des négociations qui ont convaincu la junte à accepter le retour à l’ordre constitutionnel. Le sort du président intérimaire nous surprendra-t-il encore ?

Baba Dembélé

13 Avril 2012