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Deux semaines après la tenue du quatrième congrès ordinaire de l’ADEMA-PASJ, les 24, 25 et 26 octobre dernier, le président réélu du parti, Dioncounda Traoré s’est prêté aux questions des journalistes. C’était le samedi 8 novembre, au siège du parti des abeilles à Bamako-Coura. La présidentielle de 2012 et les péripéties du congrès ont été au centre des préoccupations des confrères. A toutes les interrogations, Dioncounda Traoré a répondu avec circonspection.

Ainsi, a-t-il soutenu que c’est dans l’unité que le PASJ engrangera de nouvelles victoires éclatantes. Une certitude toutefois : «le candidat ou la candidate du parti à la présidentielle de 2012 ne sera pas choisi en dehors du parti».

Entouré de Soumana Mory Coulibaly, Me Garba Tapo, tous deux vice-présidents, du Secrétaire général, Marimanthia Diarra et du Secrétaire à la Communication, Mohamed Thiam dit Mamoutou, le président de l’ADEMA-PASJ, Dioncounda Traoré, apparemment dans ses grands jours, était devant la presse.

Sans aucune déclaration préliminaire, le chef des abeilles a donné la parole aux journalistes afin qu’ils posent toutes les questions qui les préoccupent. C’est ainsi qu’il a été d’abord interrogé sur la procédure de désignation du candidat ADEMA à la présidentielle, sa disponibilité physique et morale à être le porte-étendard des abeilles à cette élection et une probable scission pour rééditer «l’exploit» de 2002 avec un groupe de 30 ou 35 membres d’un Comité Exécutif de 80 personnes.

«Depuis le congrès précédent, nous avons supprimé les primaires. Le congrès d’octobre n’a pas touché à cette disposition. Au terme des textes en vigueur, la désignation du candidat à la présidentielle se fait à la conférence nationale» a déclaré Dioncounda Traoré. Mais nous avons cherché et obtenu les détails dans les nouveaux statuts adoptés par ce congrès. En effet, l’article 64 de ce document indique que : «Le candidat du parti à l’élection du président de la République est proposé par le Comité Exécutif à la Conférence nationale qui décide en dernière instance».

L’alinéa suivant précise que le choix du candidat du parti à l’élection du président de la République doit respecter les étapes suivantes : «mise en place d’une commission d’investiture composée de cinq (5) représentants du Comité Exécutif, du président de la commission centrale de contrôle administratif et de gestion des conflits, du président de la commission centrale de contrôle financier, du Secrétaire général de chaque section ou son représentant, de la première responsable des femmes ADEMA-PASJ ou sa représentante et du premier responsable de la jeunesse ADEMA-PASJ ou son représentant.

La commission d’investiture reçoit du Comité Exécutif un rapport relatif aux propositions. Ce rapport est accompagné des procès-verbaux des réunions du Comité Exécutif portant sur le choix du candidat du parti aux élections présidentielles ainsi que la liste de présence des participants aux dites réunions.

La commission d’investiture rédige un rapport à soumettre à la Conférence nationale qui fait le point de la candidature et sa conformité avec les dispositions des lois en vigueur en République du Mali ainsi que les statuts et règlement intérieur de l’ADEMA-PASJ.

Le rapport de la commission d’investiture est soumis à la sanction de la Conférence nationale
La Conférence nationale élit le candidat du parti par vote et procède à son investiture pour les élections présidentielles. Le mode de votation est le scrutin secret
».

Ensuite, Dioncounda Traoré dira que son parti n’a pas de candidat à la présidentielle pour l’instant : «le moment venu, l’ADEMA désignera le ou la candidat (e) devant défendre ses couleurs à la présidentielle prochaine. Ce candidat ne sera pas désigné en dehors du parti. L’imaginaire populaire que vous évoquez est une chose, la réalité en est une autre. Je ne fuis jamais une responsabilité, une mission. Je suis un militant bêtement discipliné».

Le conférencier, apparemment optimiste, a laissé entendre que «personne ne prendrait le risque de reproduire le scénario de 2002 que nous avons vécu dans la douleur. Personne ne tenterait cette aventure parce qu’ils savent tous que c’est ensemble, dans l’unité, la cohésion que nous pouvons gagner. En rangs serrés, nous irons vers la victoire, dispersés, nous perdrons les élections. Je crois que les uns et les autres ont tiré les leçons du passé et je ne crains pas une éventuelle scission même s’il faut reconnaître qu’il n’y a pas de risque zéro».

Le patron des rouges et blancs est formel : «l’ADEMA a bien l’intention de reconquérir le pouvoir en 2012. Cette stratégie a été définie lors de la 7ème conférence nationale du parti qui a transformé son soutien politique en soutien électoral pour ATT. Nous ambitionnons de rafler large au cours des communales qui s’annoncent et nous préparer pour les échéances futures».

Des interrogations sur les cas Boubèye et Mandé Sidibé ont été également soulevées par les confrères.

Concernant le premier, Dioncounda Traoré a déclaré qu’il est une figure emblématique du parti, membre fondateur du PASJ qui a combattu avec d’autres dans l’ombre la dictature.

«Boubèye a été sanctionné mais amnistié par le congrès parce que l’ADEMA est un parti de tolérance. En raison de ses qualités et de sa compétence, il est admis au sein de la direction du parti. Des gens comme Boubèye, il y en a beaucoup au sein de notre parti» a précisé le n°1 du parti.
S’agissant de Mandé Sidibé, qui a désisté de son poste de 5ème vice-président, Dioncounda Traoré précisera qu’il ne dira pas plus que l’intéressé lui-même. Qui est monté à la tribune pour annoncer qu’en raison de ses multiples occupations, il souhaite se désister de son poste.

Interpellé sur les recommandations de la commission Daba Diawara, Dioncounda Traoré dit ne pas être en possession du texte pour se prononcer et qu’il attend de prendre connaissance de ce document pour révéler la position du parti. Cependant, il s’est réjoui du maintien en l’état du mandat présidentiel.

Rappelons que lors de son dernier congrès, l’ADEMA a adopté une multitude de recommandations. Parmi celles-ci, on retient l’élargissement de la base du parti, la reconstitution de la grande famille ADEMA, la publication du bilan des dix ans de gestion de l’ADEMA, la définition d’une stratégie pour les élections communales de 2009, la mise en place d’un comité d’orientation stratégique et de financement du parti.


Chahana TAKIOU

10 Novembre 2008