Partager

En bon artisan de la transformation du sou­tien politique du parti en sou­tien électoral à ATT, Dioncounda Traoré a largement développé la raison du choix du parti. Pour lui, celle-ci est basée sur realpolik.

« A l’ADEMA, nous avons décidé de façon dé­mocratique de ne pas jeter nos sous par la fenêtre à pro­pos d’une élection présiden­tielle que nous allons d’offi­ce perdre et de consacrer nos efforts aux législatives afin de ratisser large et d’être incontournable pour le choix des dirigeants du pays. Ceux qui s’agitent con­tre cette décision du parti ne visent que leurs intérêts per­sonnels et sordides. Pour les mêmes raisons, ils ont battu campagne contre le candidat officiel du parti pour celui qu’ils combattent aujourd’hui. La raison est toute simple : c’est parce que leurs désirs personnels n’ont pas été satisfaits. L’ADEMA n’est pas un parti dont l’on se sert pour as­souvir des intérêts person­nels et sordides » a martelé mordicus le président Dion­counda Traoré. Avant d’ajou­ter que « si l’ADEMA n’avait pas décidé de soutenir ATT en 2007, d’autres partis al­laient le faire à notre place et nous aurions l’adminis­tration, la justice et même la sécurité sur notre dos. Tou­te chose qui pourrait être préjudiciable pour le parti ». La thèse de Dioncounda Traoré a été largement par­tagée par la quasi-totalité des cadres et les militants présents, à l’exception de Drissa Sidibé. Ce dernier a soutenu que « l‘ADEMA sous la forme actuelle prend ses désirs pour des réalités. Je comprends mal comment ATT va-t-il faire la part belle à l’ADEMA seule pour le choix les cadres de l’administration après son élection, alors qu’il y a 14 partis et sinon plus qui ont décidé de le soutenir. Nous avons perdu le pouvoir par notre propre faute. Il fallait que nous tirions les consé­quences. Je crois sincère­ment que l’ADEMA a eu peur de s’assumer dans l’opposition« . Aussi, Drissa, Sidibé s’est-il dit très inquiet à cause des propos de Dioncounda Traoré qui sem­ble dire que « sans le soutien de l’administration et de la force publique, l’on ne peut pas gagner une élection« .

A propos de la suspen­sion du premier vice-prési­dent Soumeylou Boubèye Maïga et d’autres responsa­bles du CE, les militants ont souhaité sa levée dans le but de préserver l’unité et la cohésion du parti afin de ne pas aller aux élections dans la division. Alassane DIARRA

Me Tall à l’ouverture du 4ème Congrès ordinaire du CNID

« Le bilan du président ATT est le nôtre »
Après environ cinq années de participation à l’équipe gouvernementale, le CNID de Me Mountaga Tall a pris la résolution d’assumer le bilan du pouvoir ATT. Ce n’est pas tout: il n’attend pas quitter le « bateau » du Général sous prétexte qu’il reste beaucoup à faire pour assurer le bien-être du peuple malien. Un combat que le parti du soleil levant souhaite mener avec le Président indépendant, Amadou Toumani Touré, au point de brûler ses « dieux » et de vendre son âme au diable.

C’est dans la ferveur née d’une forte mobilisation que le Congrès national d’initiative démocratique (CNID-Faso Yiriwa Ton) a tenu, le week-end dernier, au Palais de la Culture, son quatrième congrès ordinaire. Même si, dans son discours d’ouverture des travaux, son président, Me Mountaga Tall, a reconnu que « nul n’oserait dire que l’expérience du consensus politique en cours est parfaite », le CNID a préféré se mettre plat ventre, comme la majorité des partis politiques, excepté le RPM d’IBK, devant le président ATT tout en prenant la lourde responsabilité de revendiquer et d’assumer le bilan de celui-ci. Comme raison de cette allégeance totale, Me Tall a soutenu: « Après presque cinq d’accompagnement, nous avons estimé que l’honneur nous recommandait d’assumer le bilan du président de la République, Amadou Toumani Touré, qui est aussi le nôtre ». Ce bilan, à en croire Me Tall, est « positif » et même « élogieux » parce que, selon lui, « l’action politique des cinq dernières années aura d’abord et surtout permis à la classe politique déchirée de se retrouver d’une part et d’autre part. Elle a également permis à l’Union européenne, aux Etats-Unis d’Amérique et au Canada notamment de soutenir le Mali dans son développement« .

Cependant, « l’enfant terrible » de Ségou reconnaît volontiers qu’il reste beaucoup à faire pour assurer le bien-être du peuple malien. C’est pourquoi, son parti, après cinq années de participation à l’équipe gouvernementale, n’entend pas quitter « le narive » du général Amadou Toumani Touré.

Ce qui explique d’ailleurs son adhésion à l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP), une coalition de partis politiques qui ont décidé de ne pas présenter de candidat à la présidentielle du 29 avril prochain et de soutenir le Général-Président.

Pour cette élection et celles qui s’ensuivront, c’est-à-dire les législatives et les communales, Me Mountaga Tall a souhaité qu’elles soient « régulières, transparentes, démocratiques et paisibles« . Aussi, le président du CNID, dans son discours d’ouverture des travaux, a fait un retour en arrière en saluant la manière dont « la fausse rébellion » du 23 mai 2006 dans le Nord du pays a été gérée. Cependant, il a appelé tous les fils du pays à « régler leurs différends dans le cadre légal institutionnel et judiciaire« .

Auparavant, Me Tall avait fait une genèse de la vie du parti de sa création à nos jours, il y a seize ans. Le parcours est n’est pas mauvais car le CNID a été à la pointe de tous les combats. Il a connu les manifestations de la rue pour la quête du pluralisme démocratique, de l’opposition parlementaire et extraparlementaire avant de se retrouver associé à la gestion du pays. Cependant, son association au pouvoir pour la conduite des affaires publiques est en passe de lui faire perdre son âme. Car, aujourd’hui, force est de reconnaître que le CNID a littéralement perdu ses belles habitudes d’antan pour la défendre des principes démocratiques et des droits des citoyens.

Les prises de position d’alors de son président, Me Tall, sur des sujets d’intérêt national, sont devenues de vieux souvenirs depuis qu’il est revenu à l’Assemblée nationale, après sa traversée du désert imposé à lui par le pouvoir ADEMA, particulièrement IBK, tout-puissant Premier ministre à l’époque. Rappelons que cette quatrième conférence ordinaire du CNID s’est planchée sur des sujets relatifs à la relecture des textes fondamentaux du parti, son projet de société, son financement, ainsi que son alliance pour les élections à venir. Après avoir échangé sur ces sujets, un nouveau bureau a été mis en place et est toujours dirigé par « l’incontestable » Me Mountaga Tall.

Enfin, notons que l’ouverture des travaux du quatrième congrès du parti du soleil levant a enregistré la présence de plusieurs formations politiques de la place, excepté le RPM. AD

Commune II :

Tous derrière l’ADEMA pour soutenir ATT
Depuis le mois dernier, le Comité Exécutif de l’ADEMA multiplie les Assemblées générales d’informations dans les 55 sections du pays. Objectif : expliquer à la fois le bien fondé du soutien du parti à ATT pour la présidentielle de 2007 et la suspension de Boubèye en attendant son exclusion au cours de la Conférence nationale, prévue les 27 et 28 janvier 2007.Le week-end écoulé, ce sont les sections du District de Bamako qui ont reçu les délégations de l’instance dirigeante du parti de l’abeille.

Nous avons pu suivre la rencontre de la commune II et celle de la commune V. Dans ces deux sections, la délégation ADEMA a été conduite par le secrétaire général adjoint du parti, Tiémogo Sangaré.

Dans la commune des fondateurs de Bamako, l’affluence était celle des grands jours, au siège du parti sis à Quinzambougou. Nombreuses sont les femmes qui ont pris d’assaut le lieu de la conférence – les participants à l’assemblée générale étaient constitués à 90% de femmes-L’animation musicale et une noria de griots ont donné à la cérémonie une autre allure.
D’entrée de jeu, le secrétaire général de la section II, Sékou Diakité, par ailleurs président de la coordination des sections ADEMA du District et secrétaire à la communication du Comité Exécutif et porte- parole du parti, a pris la parole pour remercier les uns et les autres pour la grande mobilisation. Ensuite, il a présenté sa section qui compte 41 comités et 12 sous-sections. S’y ajoutent les bureaux des femmes et des jeunes.
De plus, selon Sékou Diakité, l’ADEMA s’est classée troisième lors des communales 2004 avec 5 conseillers communaux. Aussi, dans le cadre des alliances, a t-il pu obtenir les postes de 1er adjoint et 3 éme adjoint au maire de la commune ainsi que la présidence de la commission des finances, la mairie secondaire de l’hippodrome et le tout couronné par le maire du District de Bamako.

« Depuis les dernières élections, le parti ne cesse de se renforcer en commune II. Nous avons enregistré beaucoup d’adhésions et nous soutenons le Comité Exécutif dans toutes ses actions parce qu’il travaille pour le Mali et l’ADEMA. C’est pourquoi, nous disons qu’il peut bien compter sur nous » a déclaré Sékou Diakité.

L’émissaire du Comité Exécutif, Tiémogo Sangaré, a pour sa part mis l’accent sur trois points : le soutien de l’ADEMA à ATT en 2007, la suspension de Soumeylou Boubèye Maïga, 1er vice-président du parti et autres, la signature de la plate-forme ADP.

Concernant le premier point, il dira que c’est la Conférence nationale de novembre 2005 qui a pris l’option de ne pas présenter un candidat à la présidentielle de 2007 et de transformer son soutien politique à ATT en soutien électoral. Pour expliquer la suspension de Boubèye, Tiémogo Sangaré – le revenant du MIRIA- dira que le parti a trop souffert de l’indiscipline.

«Sans discipline, on se peut rien faire de bon. C’est dans l’entente, l’unité et la cohésion qu’on peut construire un grand parti et partant le Mali. Nous sommes en démocratie. Toutes les opinions doivent s’exprimer dans une famille politique. Mais après la prise de décision, tout le monde doit s’aligner. Soumeylou Boubèye Maiga, Binta Yattasaye, Oumar Elmihidi, Issa Diarra, Ibrahim Kantao outrepassé cette décision. Aussi, le Comité Exécutif les a t-il suspendus et proposé leur exclusion à la Conférence nationale» a t-il affirmé.

S’agissant de l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès, (ADP) regroupement électoral de 14 partis créé pour soutenir ATT à la présidentielle de 2007, l’ancien député de Bougouni soulignera que «c’est Dioncounda Traoré qui a démarché les autres formations politiques et que le texte de la plate-forme a été rédigé par l’ADEMA».

Au cours des débats, une dizaine de personnes est intervenue pour abonder dans le même sens que l’ex-président du groupe parlementaire des rouges et blancs (1992-1997). Pas une protestation sur les questions soulevées. C’est ainsi que Boubacar Dagnoko, président des jeunes ASMA de la commune II (l’Association de Soumeylou Boubèye Maiga) a solennellement déclaré qu’il démissionne de cette organisation pour reprendre ses activités au sein du parti. Chahana TAKIOU

Commune V :

Les militants s’interrogent sur le bien fondé du soutien à ATT

En commune V, c’est la même rengaine et la même litanie que Tiémogo Sangaré a servies aux militants ADEMA, venus nombreux au centre Togola de Sabalibougou.
Auparavant le secrétaire général de la section et secrétaire en charge des relations extérieures du Comité Exécutif, Boubacar Bâh dit Bill, avait rappelé les divisions qui ont secoué le parti en 2002.

 » Depuis 1992, l’ADEMA s’est imposé en commune V. En 2002, il y a eu des incompréhensions qui ont sérieusement entravé la bonne marche du parti. Celui-ci est en train de se renforcer chaque jour. C’est ainsi que nous avons remporté l’élection législative partielle en 2006. Nous avons également mené le débat sur la présidentielle de 2007. Une décision a été prise par le parti et tout le monde est derrière celle-ci. C’est çà également la démocratie » a dit Boubacar Bâh. Lors des débats, nombreux sont les intervenants qui se sont interrogés sur le bien fondé du soutien du parti à ATT pour la prochaine présidentielle.

« ATT n’a pas demandé le soutien de l’ADEMA et nous nous sommes livrés à lui pieds et mains liés. Pour quelle raison ? C’est une insulte de dire qu’il n’y a pas de présidentiable au sein du parti. Nous aimons l’ADEMA et nous restons ADEMA mais plus jamais de telle manière » a averti Boubacar Kondé de Torokorobougou. Idem pour Drissa Coulibaly, le secrétaire général de la sous-section de Torokorobougou qui craint que l’ADEMA ne soit trahi par ATT. D’autres, à l’instar de Marioko Coulibaly de Kalaban-Coura estiment que le parti de l’abeille ne peut pas soutenir gratuitement ATT et il faudrait que les responsables disent aux militants le deal qu’ils ont noué avec le locataire de Koulouba. CT

Commune I :

Les militants divisés à propos du soutien à ATT
En prélude aux élections générales de 2007, l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), a entrepris une campagne de sensibilisation et d’information depuis la sanction de certains de ses militants et la signature de la plate-forme de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) pour soutenir la candidature d’Amadou Toumani Touré. Dans ce cadre, le comité exécutif du parti de l’abeille a tenu, le week-end dernier, des assemblées générales d’information dans cinq communes du district de Bamako. En commune I, les militants s’interrogent sur l’opportunité de telles décisions.

En commune I, c’est le président du parti, Dioncounda Traoré lui-même, qui présidait les débats dans le Centre de formation de Mali-Enjeux sis à Djélibougou. Il était entouré, pour la circonstance, de certains membres du CE dont l’ancien député Waly Diawara, Sy Mathieu Samaké et Mme Konté Fatoumata Doumbia. « Pourquoi soutenir un candidat indépendant au détriment de nos cadres valables ?« , « Le soutien à ATT ne violente-t-il pas les textes du parti ?« , « La sanction de certains camarades n’est-elle pas excessive ?« , « A ce niveau, n’y a-t-il pas une politique de deux poids deux mesures ?« , « Est-ce que ATT tiendra toutes ses promesses malgré la concession que nous venons de lui faire ?« , « Nous sommes à la recherche de militants en vue de renforcer nos rangs à l’approche des élections, à quoi sert-il d’affaiblir le parti par des suspensions ? »

Ce sont là, entre autres, quelques interrogations et indignations que les militants du parti ont exprimé en commune I face au premier responsable de l’ADEMA.
Pour Moussa Sissoko, membre de la section de la commune I, le CE a violenté les textes du parti en soutenant la candidature du général ATT: « La dernière conférence nationale avait même demandé la révision de nos statuts pour que cela soit conforme avec les textes du parti mais cela n’a pas appliqué« . Il poursuit: « La sanction de certains camarades du parti est purement excessive, il y a une politique de deux poids deux mesures. Ceux qui ont été sanctionnés ne sont pas les seuls à soutenir ou à créer des associations« .

Pour certains intervenants, le CE est très vite allé en besogne en soutenant ATT: « Primo, le président sortant n’a fait aucune déclaration publique en ce sens et, secundo, on devrait attendre le deuxième tour de l’élection présidentielle pour le report de nos voix ». Avant de conclure: « Nous qui sommes en contact direct avec la base, nous avons toutes sortes de problèmes à les convaincre pour s’aligner sur cette position« .
Pour d’autres, le parti, déjà affaibli par les élections de 2002, risque de signer son acte de mort par la suspension de certains camarades.

Très embarrassé par ces nombreuses questions, le président Dioncounda Traoré a expliqué ce choix ainsi: « Si nous décidons de soutenir la candidature de ATT, cela ne signifie pas que le parti ne dispose pas de candidats présidentiables. Nous avons aujourd’hui des hommes qui, à la tête de ce pays, peuvent faire plus que lui« . Pour Dioncounda, si le parti présente un candidat interne pour la présidentielle, ce serait le même scénario qu’en 2002. « Car il y a certains au sein de la formation qui ne pensent qu’à leur intérêt personnel, ils sont pressés d’être candidats« , a-t-il regretté.

A l’en croire, la reconquête du pouvoir de l’ADEMA en 2012 passe forcement par le soutien du parti à ATT en 2007. « Pour ne pas dépenser l’argent du parti pour rien à la présidentielle, avoir ainsi l’administration et la sécurité d’Etat sur notre dos, nous avons jugé nécessaire de porter notre soutien à ATT. Et nous allons attendre les élections de 2012. Cela trouvera que les plaies sont cicatrisées et la grande famille réconciliée« . Ces propos du président ont laissé, en tout cas, beaucoup de militants sur leur faim car selon une dame, « primo, ils sont tous des suppositions et, secundo, 2012 est loin  »
KT

15 janv 07