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Le président de l’Adema Pasj, Dioncounda Traoré est le candidat du parti à la Présidentielle 2012. Il sera officiellement investi par la conférence nationale qui se tiendra à partir du 30 juillet prochain. Le choix du premier responsable des Abeilles a été rendu possible grâce à la commission de bons offices (mise en place par le Comité exécutif) qui a arraché le consensus entre les sept candidats déclarés aux primaires. Cette proposition a été approuvée par un vote à l’unanimité des membres du Comité exécutif réunis à cet effet avant-hier, 23 juillet à Bamako Coura. Cette unité retrouvée a été fêtée avec faste samedi dans l’enceinte du siège où l’on notait la présence de tous les cadres du parti, de Bamako et de l’intérieur du pays, ainsi que de nombreux militants du parti. Le sourire et la joie se lisaient sur tous les visages de « ces adversaires d’hier » qui ont fumé le calumet de la paix autour d’un méchoui offert par le CE. C’est dans cette atmosphère festive que le président Dioncounda Traoré a accordé une interview exclusive à L’Aube. Il confie à notre reporter, entre autres, ses sentiments, les enseignements sur les primaires.

L’Aube : Le Comité exécutif vient d’entériner votre candidature, retenue par la Commission de conciliation au terme d’une longue médiation qui a abouti à un consensus. Y croyiez-vous réellement ?

jpg_dioncounda-5.jpgDioncounda Traoré : J’ai toujours dit que je crois en ce parti et en ses capacités. J’ai dit aux gens qui s’inquiètent, qui s’angoissent, qui se font peur, que l’Adema a des ressources insoupçonnées. C’est vrai que ce qui se fait chez nous, c’est difficilement concevable pour un autre parti. Il y a beaucoup de partis, s’ils se livraient au type d’exercice démocratique auquel l’Adema se livre, ça leur causerait beaucoup de problèmes. Mais chez nous, c’est une pratique courante.

Nous avons atteint actuellement un tel degré de maturité que c’est devenu un exercice routinier. Ce genre de situation ne pose plus de problème à l’Adema. Par le passé, nous en avons souffert, mais nous avons appris. Et aujourd’hui, nous nous félicitons de pouvoir franchir tous les obstacles et toutes les étapes sans anicroche. Je suis vraiment fier de mon parti aujourd’hui ; nous avons démontré aux yeux du peuple malien, aux yeux du peuple Adema et aux yeux du monde entier que nous sommes réellement un parti sérieux, un parti démocratique.

Vous avez dit ce matin lors de la réunion du Comité exécutif, que maintenant le plus difficile, c’est d’avoir le pouvoir et de le gérer. Pouvez-vous être plus explicite ?

J’ai dit que ce qui vient de se passer, c’est-à-dire le consensus obtenu et le choix porté sur ma modeste personne, n’était pas la finalité. J’ai même dit que gagner l’élection présidentielle en 2012 n’était pas une fin en soi. Le plus important, c’est ce que nous allons proposer au peuple malien, ce que nous allons entreprendre pour améliorer les conditions de vie des Maliennes et des Maliens.

Comment vous allez vous y prendre parce que des cas d’indiscipline sont toujours à redouter au sein du parti ?

Il n’y a pas de cas d’indiscipline ; le vote s’est fait à l’unanimité, y compris ceux qui étaient candidats comme moi. A l’Adema, nous avons une conception par rapport aux candidatures multiples. Nous pensons que, tout militant, homme ou femme, en quelle que circonstance que ce soit, pour quelle que mission que ce soit, s’il sent en lui-même les forces et les qualités qu’il peut mettre à la disposition du parti, il a le devoir de les offrir au parti. C’est donc un devoir pour un militant qui s’en sent capable de briguer toute fonction du parti. C’est comme ça que nous le comprenons, et non pas en terme d’ennemi ou d’adversaire. Et c’est comme tel qu’il faut comprendre ce qui se passe à l’Adema.

Justement quels enseignements majeurs vous avez retenu de ces primaires lancées à l’Adema ?

Je n’en ai pas tiré de nouveaux enseignements, mais simplement une confirmation. Une confirmation dans ma conviction que le parti que j’ai l’insigne honneur de présider est véritablement un grand parti.

Il se murmure aussi que vous avez le soutien des présidents Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré. Qu’en est-il ?

Je ne peux rien vous dire là-dessus. Je pense que c’est à eux qu’il faut poser la question.

Un appel à l’endroit de vos militants ?

Encore plus d’unité, encore plus de cohésion et encore plus de travail : c’est l’appel que je lance aux militants du Parti africain pour la solidarité et la justice.

Sékou Tamboura,

26 Juillet 2011.