Partager

Que fait-on des observations des institutions de la République dans la conduite des affaires de l’État ? C’est ainsi que peut se résumer la réponse du président de l’Assemblée nationale, le Pr. Dioncounda Traoré, lorsqu’il fut interpellé sur la responsabilité des partis politiques notamment ceux de la majorité présidentielle sur la crise qui prévaut au nord.

Le centre d’accusation du journaliste était le «soutien ferme» de ces partis au président de la République pendant que l’explosion de la crise latente au nord ne faisait guère de doute. Qui est responsable de la situation ? Selon le président de l’Assemblée qui animait la conférence de presse des partis politiques sur le plan d’action d’une sortie de crise, ce ne peut être qu’une responsabilité partagée au regard des soutiens unanimes au président de la République aussi bien au sein de la classe politique que de la presse. «C’est parce que nous sommes tous responsables que nous devons tous faire face à cette situation» a-t-il dit.

Pour se dédouaner, le président de l’Assemblée a rappelé qu’il n’a cessé de parler de cette question depuis 2006. La question est régulièrement mentionnée au cours des séances d’ouverture des sessions de l’institution. Selon le Pr. Dioncounda Traoré, le parlement s’est aussi interrogé sur les motivations des forces qui ont réclamé le retrait de l’armée nationale de certaines zones au pacte national de 1992 et aux accords d’Alger de 2006. «J’en ai toujours parlé» s’est défendu le président de l’institution parlementaire.

En outre, dès le retour des combattants de l’armée libyenne au Mali, l’Assemblée a mis en place une cellule de crise. Celle-ci a effectué une mission parlementaire dans les trois régions du nord (Tombouctou Gao et Kidal) à la rencontre des différents groupes qui ont rallié le Mali après la chute de Kadhafi. «Nous les avons rencontrés jusqu’aux plus radicaux, Zakat [Ndlr : ce groupe constitue aujourd’hui le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA)]» a ajouté Dioncounda Traoré.

La mission parlementaire fut, d’ailleurs la seule autorité de l’Etat que ce dernier groupe a accepté de rencontrer en octobre dernier. Revenu de la Libye, ce groupe n’avait qu’un seul objectif : l’indépendance de leur territoire. «Ils ont dit clairement que ‘’l’Etat malien est un Etat colonialiste ; il occupe notre territoire ; nous allons le libéré’’. Ils nous ont donné leur drapeau, leur constitution et tous leurs textes» a souligné le Pr. Traoré. C’était une mission passablement périlleuse, confesse-t-il.

De retour, les missionnaires ont produit un rapport qui a été examiné par l’ensemble des députés lors d’une plénière à hui-clos. Les résolutions de cette séance ont été acheminées à la présidence de la République. Aujourd’hui, la crise a explosé et l’on ne peut que faire face aux conséquences.

Seydou Coulibaly

17 Février 2012

©AFRIBONE