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Depuis le 30 mars 2007 des commissions de retrait des cartes d’électeurs sont sur place sur toute l’étendue du territoire nationale. Et ces commissions doivent siéger pour 25 jours. A une dizaine de jours de cette date, nous avons sillonné certaines commissions de retrait pour connaître le niveau d’enlèvement des cartes d’électeurs, l’engouement de la population. Au niveau de toutes ces commissions, les présidents ont affirmé qu’il y a peu d’engouement de la part de la population. Il faut rappeler que le ministre de l’Administration Territoriale, le Gouverneur du District et les maires s’étaient rencontrés pour parler de la problématique du faible taux de retrait des cartes d’électeurs. Sur des milliers de cartes d’électeurs des différentes commissions depuis le début jusqu’à ce jour, rares sont celles qui ont atteint 100 retraits par jour. A la mairie de Kalaban-coura, on peut noter 7 commissions, dont 6 siégeant à la mairie et une chez le chef de village de Garantiguibougou.

Selon les présidents des commissions, au niveau de la mairie de Kalaban-coura, c’est le lundi dernier que leurs commissions respectives ont fait le record en matière de retrait des cartes d’électeurs.

Selon le président de la commission s’occupant du bureau 21 au bureau 55, c’est seulement le lundi dernier que sa commission a enregistré 164 retraits.

A en croire le président de la commission chargée des électeurs du bureau 56 au bureau 62, sa commission a enregistré le même lundi 39 retraits; ce qui est aussi un record. Autrement dit, depuis le début, sa commission n’avait pas atteint ce chiffre.

58 retraits ont été enregistrés par la commission chargée des électeurs du bureau 63 au bureau 72, a indiqué le président de cette commission.

Il y a eu 40 retraits enregistrés au niveau de la commission chargée des électeurs du bureau 88 au 95; 48 retraits pour la commission s’occupant des électeurs du bureau 82 au bureau 87.

Selon les présidents de ces commissions, le record du lundi passé s’explique par le fait que jour était férié (lundi de Pâques).

DES DIFFICULTES

Ils ont souligné que généralement les électeurs se plaignent qu’ils n’ont pas le temps tout en déplorant le système de retrait individuel. A cet effet, en plus du faible taux de retrait, on constate plusieurs autres problèmes comme les cas d’erreurs au niveau des noms et des dates de naissance, des omissions d’autres sont recensées (ils ont leurs fiches jaunes) mais n’ont pas leurs noms sur les fiches.

A cela s’ajoute le problème d’identification des bureaux de vote. Il faut savoir lire les fiches pour voir son nom et connaître son bureau pour ensuite enlever sa carte. Alors que la majorité de la population malienne est illettrée et il n’y a pas de gens disposées à les guider.

Il faut par ailleurs souligner le problème de rémunération des présidents des commissions et du fonctionnement des commissions. Selon certains présidents qui ont requit l’anonymat, les présidents ont reçu chacun 25.000 FCFA lors d’une réunion à la mairie de la Commune V, il y a environ une semaine.

Estimant que leur travail est difficile, ils ont souligné au maire que cette somme est insuffisante. C’est par la suite que le maire de la Commune V a signalé qu’à la clôture ,il fera ce qu’il pourra.

A en croire ces présidents, l’ensemble des maires du District auraient rencontré le ministre de l’Administration pour souligner ce problème, mais qu’il n’y a pas eu d’issue favorable.

Malgré tout, ils comptent rencontrer le maire aujourd’hui pour qu’il fixe la somme qui doit être donnée à la clôture, au cas contraire, ils comptent arrêter le travail.

UNE ALERTE

Rappelons qu’en plus du président, chaque commission est composée de délégués des partis politiques qui sont payés par jour par les partis politiques. Et certains délégués ont de sérieux problèmes avec des présidents, a indiqué un président de commission et cela à cause de l’argent destiné au fonctionnement les commissions.

Alors que c’est seulement 50% de la somme destinée au fonctionnement des commissions qui a été payée et le payement du reste est prévu pour la clôture. Ce qui est déplorable, c’est que cette somme ne peut pas couvrir les dépenses des commissions.

Il faut rappeler que cette somme est calculée sur la base du nombre de cartes d’électeurs que doivent distribuer les commissions. Par exemple une commission qui a à son niveau 3000 cartes d’électeurs a droit à 30.000 FCFA (on multiple le nombre de cartes par 10 ) comme frais de fonctionnement de la commission.

Et c’est la moitié de cette somme qui est destinée au fonctionnement de cette commission (nourriture, eau, thé…). Alors qu’il y a plus de délégués dans certaines commissions. Et certains délégués ont même demandé de partager cet argent.

En plus de ce que nous avons constaté il faut trouver d’autres stratégies pour relever le taux de retrait. Sinon à ce rythme, on ne peut compter sur un bon taux de participation.

Dado CAMARA

11 avril 2007.