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Au Mali comme ailleurs, ces derniers moments, les circonstances ne sont pas favorables à l’amélioration des performances économiques desquelles dépend l’amélioration des conditions de vie et de travail des populations.

En effet, la croissance économique n’a de sens que lorsque ses fruits sont judicieusement répartis entre les populations à travers les services publics, les réalisations socio-économiques, la sécurité sociale, la rémunération des prestations de services, les rétributions salariales, notamment en terme d’augmentation de salaires compte tenu des hausses de prix des denrées alimentaires. Or, ces dernières années, les engagements financiers et les devoirs sont de plus en plus nombreux du côté de l’Etat, surtout avec la hausse actuelle du prix du baril de pétrole.


Des efforts certes …

Dans ces domaines, on peut dire que des efforts ont été faits, même s’ils sont jugés en deçà des attentes, en particulier en ce qui concerne les augmentations de salaires dont le processus se poursuit en terme de 5% à partir de janvier 2008 et 5% en janvier 2009. Qu’à cela ne tienne, les prix ne cessent de flamber à tous les niveaux consécutivement à la flambée du prix de l’essence.

Cela n’est pas l’affaire des seules populations, mais aussi des autorités. Peuvent-elles en être indifférents? La réponse est négative. En effet, suite à cette hausse des prix, l’Etat a consenti d’énormes efforts de subventions des produits divers comme l’essence, les céréales.

A cela s’ajoutent les efforts financiers dans le cadre de la mise en oeuvre de l’initiative riz du Premier ministre Modibo Sidibé qui défraie ces temps-ci la chronique. Au regard de tous ces sacrifices consentis par l’Etat pour alléger les souffrances des populations, il est logique donc compréhensible qu’il y ait des difficultés de trésorerie.


Des problèmes de gouvernance

En plus, force est de constater que le Mali, à l’instar de plusieurs autres pays, est confronté à des problèmes de gouvernance et de délinquance financière. N’est-ce pas cela qui explique l’organisation prochaine des états généraux de la corruption au Mali? En tout cas, ce sont là quelques facteurs qui justifieraient en partie les difficultés de trésorerie.

Avec la création du bureau du vérificateur général, une initiative présidentielle, il y a un engagement certain de créer les conditions d’une meilleure gouvernance, puisqu’il n’est plus un secret pour personne que l’utilisation irrationnelle des ressources publique est à l’origine d’importantes effusions financières.


Malgré tout les grands travaux se poursuivent

Malgré cela, force est de constater que le président de la République demeure fidèle à ses propos, selon lesquels rien ne doit empêcher la mise en oeuvre de ses projets et programmes. C’est ainsi que le jeudi 17 juin 2008, le président de la République a inauguré la route Kati-Kita dans la liesse populaire, une infrastructure qui a coûté plusieurs milliards de francs CFA.

Auparavant, il a été procédé le mercredi dernier au lancement des travaux d’aménagement du canal de Niono qui, ces dernières années, était devenu une menace pour les riverains à cause des inondations. Ainsi, tous ces efforts d’aménagement et de désenclavement se poursuivent sans heurt, malgré les difficultés économiques. Puisqu’il s’agit d’engagements pris qui doivent aussi être honorés et dans la mise en oeuvre desquels l’Etat intervient financièrement. Comme pour dire que les plus hautes autorités du pays sont déterminées à relever les plus grands défis qui se posent.

La nécessité d’efforts supplémentaires pour juguler la crise

On se plaint certes de la difficulté de trésorerie, et cela est compréhensible, c’est pourquoi la recherche de solutions doit être rapide pour éviter que la situation ne dégénère dans certains cas, surtout que tout le monde n’a pas le même dégré de compréhension des problèmes du genre.

Quand elles surviennent, les uns et les autres en sont toujours scandalisés, puisque les retards sont toujours consécutivement enregistrés dans des paiements. Toute chose qui exige que des dispositions soient rapidement prises pour circonscrire cette situation qui est souvent de nature à susciter des réactions négatives, surtout à un moment où les denrées alimentaires sont de plus en plus chères et la survie difficile.

C’est un processus universel, mais au Mali, beaucoup de gens mettront du temps à le comprendre, d’où il faut s’investir davantage pour juguler rapidement cette crise de trésorerie. Ce faisant, les autorités en charge évitent ainsi des frustrations.

Moussa SOW

18 Juillet 2008