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Gérer c’est prévoir, dit-on, mais dans le contexte actuel de flambée des prix au plan international, les différents pouvoirs ont-ils les recettes nécessaires pour faire face aux problèmes qui se posent? La question mérite d’être posée à un moment où la cherté de la vie est devenue une question qui préoccupe les populations partout, au Mali comme dans les autres pays voisins. Cela est incontestable.

Malgré ces contraintes devenues le lot quotidien à travers le monde entier, ceux qui se disent opposants au Mali sont dans la logique de semer la zizanie dans les esprits, en accablant le pouvoir en place que certains d’entre eux traitent d’ailleurs d’incompétent.


Le ridicule ne tue plus

Par rapport à cela, on peut affirmer que le ridicule ne tue plus, puisque quoiqu’on dise, il est davantage difficile aujourd’hui de prendre en compte les préoccupations majeures des populations, en raison de la conjoncture généralisée vécue sous tous les toits en ce moment en Afrique, voire au-delà de ses frontières.

En effet, cette situation conjoncturelle exceptionnelle née de la hausse du prix du pétrole est une équation difficile à gérer dans la mesure où elle entraîne la hausse de tous les autres produits et services. Qu’à cela ne tienne, il y a d’autres préoccupations socio-économiques dont la gestion progressive incombe déjà au pouvoir.

Les problèmes actuels n’ont pourtant pas empêché la poursuite des efforts dans le cadre de la gestion de ces problèmes, puisque la mise en oeuvre du PDES n’a jamais été interrompue par le président de la République ou le Premier ministre. Sans la détermination, surtout l’engagement des autorités actuelles à poser des actes allant dans le sens de la gestion des préoccupations essentielles des populations, que serait devenu le Mali présentement?


Le pouvoir fait de son mieux

Il va de soi que les difficultés seraient insurmontables sans les sacrifices consentis par les pouvoirs publics depuis le début de l’escalade des prix des denrées alimentaires en particulier des céréales sèches constituant la base de l’alimentation au Mali . Ainsi, on peut dire, sans ambiguité, que le pouvoir ATT fait de son mieux pour gérer les problèmes actuels.

Mais, curieusement, des représentants de l’opposition sont en train d’alimenter la polémique autour de l’efficacité du travail gouvernemental. De quel instrument de mesure disposent-ils pour affirmer que rien ne va plus? Ont-ils le sens de la mesure des actes qui sont posés depuis quelques mois pour amortir les effets de la hausse des prix?

Pourtant, ils ne peuvent soutenir qu’ils ne sont pas au courant de tous les efforts entrepris par les plus hautes autorités du pays pour atténuer les conséquences drastiques de la hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires. C’est pourquoi souvent, on a tendance à leur demander ce qu’ils veulent au juste.

Ils cherchent la petite bête

En effet, certains acteurs politiques cherchent la petite bête, faisant d’une mouche un éléphant, et voyant tout en mal. Or, au sein de l’opinion publique nationale, beaucoup savent que certains de ces critiques du pouvoir accepteraient difficilement de faire autant de sacrifices pour soulager les souffrances des populations au cas où ils seraient aux affaires.

On a vu le cas avec la dévaluation du franc CFA, consécutivement à laquelle les pouvoirs publics n’ont fait autre chose que de gérer le quotidien. Par la suite, tout le monde a continué à subir les conséquences de la dévaluation du franc CFA qui s’est repercutée sur tous les domaines d’activités jusqu’à la fin du second mandat du président Alpha Oumar Konaré.

Consécutivement à cela également, il y a eu des hausses des frais des véhicules de transport en commun, de même que ceux du transport inter urbain. En son temps, les usagers, sans défense ont été certes scandalisés, mais on n’a pas assisté à toutes ces attaques, certaines ne se justifiant même pas.


Un contexte nouveau et ses réalités

Par ailleurs, le contexte économique actuel est plus difficile, au point que partout à travers le monde, on ne parle que de la cherté de la vie à l’issue de la hausse interminable du prix du pétrole sans lequel presque rien n’est possible. Alors, en lui et place de la réflexion sur les solutions à envisager, est-il nécessaire de tenter d’alimenter la contestation, de susciter des remous?

Dans tous les cas, il ne faudra pas perdre de vue que l’opinion publique nationale est mieux informée ces dernières années de l’évolution de certains problèmes qui se posent, dépassant le seul cadre malien.

Ainsi, la question qui se pose n’est plus de savoir pourquoi vous n’avez pas pu prévenir les problèmes, mais comment il faut rapidement les gérer, bien entendu, dans la mesure des possibilités de l’Etat, dans l’intérêt de tous les Maliens sans distinction.

Des réponses nationales aux problèmes

Or, le gouvernement du Mali, à l’instar de ceux des autres pays, est en train de déployer de gros efforts perceptibles dont les incidences budgétaires s’élèvent à plusieurs milliards de francs CFA. Dans ces conditions, peut-on reprocher au pouvoir de ne rien faire?

Disons simplement que certains abusent malheureusement de leur position dans la société, or, il n’est pas sûr que cela puisse être de nature à contribuer à la consolidation du processus démocratique au Mali et à apporter sa contribution aux efforts d’amélioration des conditions de vie et de travail des populations. Ce qui est sûr, c’est qu’en ce moment difficile, les acharnements ne paient pas.

Moussa SOW

25 Juillet 2008