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Le Mali est un pays qui compte parmi les plus pauvres selon différentes études menées depuis plusieurs années. Certes, certains classements font souvent l’objet de polémiques, voire de contestations de la part de certaines autorités du pays. C’est de bonne guerre.

Mais, il ne demeure pas moins que l’état de dont il est question est manifeste, donc incontestable. Alors, la question qui se pose à présent, c’est de savoir comment faire pour trouver des solutions idoines au problème qui s’installe dans la durée.

En effet, l’état de pauvreté au Mali est endémique, aucune couche sociale n’est épargnée par le phénomène. Parmi les raisons évoquées, il est surtout fréquent qu’on parle de la qualité de la gouvernance à tort ou à raison selon le cas? Mais tout ce qu’on peut dire sans risque de se tromper, c’est le fait qu’il existe des facteurs endogènes et des facteurs exogènes de cette pauvreté.

DES CONCEPTS DE PAUVRETE

Les spécialistes le disent, il y a la pauvreté monétaire et la pauvreté humaine. Les deux cas existent d’où la sensibilité du problème au Mali. Mais, il ne s’agit pas d’une situation nouvelle. En effet, à part les premières années de l’indépendance du pays, jamais les uns et les autres ne se sont sentis en sécurité financière. Cela est la réalité seulement pour quelques privilégiés.

Ce constat a été fait pratiquement sous toutes les Républiques que nous avons connues. Cependant, nous ne devons pas nous résigner en demeurant dans ce même statu quo, surtout à un moment où, malgré la multiplication des difficultés de tous genres, il y a aussi des opportunités qui ne manquent pas et qu’il faudra saisir à temps afin de tenter de donner un coup de fouet au développement socio-économique de notre pays pour le bien-être de tous les fils du pays.

De l’ouverture démocratique à ce jour, il y a les deux formes de la pauvreté: monétaire et humaine. Il faudra souligner qu’avec la montée incessante au créneau des syndicalistes pour réclamer des augmentations de salaires, de plus en plus, ceux qui travaillent aux frais de l’Etat ont vu leur situation financière s’améliorer. Mais pour autant, parmi eux, nombreux sont ceux qui ne cessent de se lamenter, de se plaindre de la cherté des produits divers.

Pourtant ils oublient qu’ils se trouvent en réalité parmi les privilégiés en ce sens que, ces dernières années, ils reçoivent bien plus de l’Etat par rapport à un passé non lointain et ce contrairement à des millions de Maliens qui peuvent d’ailleurs prétendre à ces augmentations de revenus, en tout cas pas de cette même manière.

Alors, certains doivent savoir raison garder, surtout dans la mesure où il n’est un secret pour personne que les augmentations de salaires s’accompagnent toujours des flambées de prix sur les différents marchés. Nous sommes malheureusement dans un tel contexte depuis quelques années.

L’ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Nous l’avons dit, il y a aussi des facteurs exogènes qui influent négativement sur la situation économique, les prix des denrées de première nécessité en particulier et de tous les produits d’importation. Le plus important d’entre eux aujourd’hui est sans nul doute le pétrole.

Le prix du baril de ce produit ne cesse de flamber, or pour qui sait qu’il est utilisé par les véhicules pour acheminer d’autres marchandises, il faudra s’attendre à ce que la situation économique ne s’améliore pas dans ces conditions.

A cela s’ajoute l’épineuse question de la subvention des productions agricoles, notamment des cotonculteurs dans certains pays sur un marché concurrentiel qui réduit de façon considérable la compétitivité des productions des pays africains comme le Mali, le Burkina Faso entre autres. Malgré la mobilisation des ministres du Commerce de ces pays pour dénoncer et combattre cette situation, elle demeure sans issue.

Et comme si cela ne suffisait pas, il y a eu d’autres flambées de prix, en l’occurrence celles relatives à la farine, élément de base de la fabrication du pain de plus en plus consommé dans nos pays. La conséquence, on l’a connait, la hausse du prix du pain. De même, le lait en poudre que nous importons également est quasi inaccessible sur le plan des prix.

Si nous ajoutons à tout cela le renchérissement des prix des céréales de consommation courante, la situation est quasi insupportable par le Malien moyen. C’est pour toutes ces raisons que les membres du gouvernement doivent accélérer le rythme du travail et des réformes pour que, dans un temps raisonnable, les prix de certains produites soit revus à la baisse.


DES ENGAGEMENTS A HONORER

D’ailleurs c’est cela que tous ceux qui se battent pour la conquête du pouvoir politique promettent au peuple. C’est en somme un serment qu’on prête devant Dieu et les hommes, donc qu’on est contraint d’honorer. La tâche n’est pas facile, surtout dans les pays en développement où il y a des problèmes à tous les niveaux, dans tous les domaines.

Toute chose qui nécessite l’implication de tous, chacun devant apporter sa contribution à la construction de l’édifice national. Si ce n’est pas le cas, c’est que certains trahissent leur serment. En effet, tous les acteurs politiques, en s’engageant dans l’activité politique entendent s’implique dans tous les processus devant aboutir à la prise en compte des préoccupations de l’ensemble de la population.

LES SACRIFICES A CONSENTIR PAR LES MINISTRES

Seulement, ceux qui ont le pouvoir de décision ont davantage d’opportunités à juguler les crises et tous les problèmes de la gestion des affaires publiques. A ce niveau également, il importe que ceux qui sont chargés de mettre en oeuvre le Projet de Développement Economique et Social du président de la République soient des hommes et des femmes compétents, pleins d’initiatives propices au changement.

Si ce n’est pas le cas, il ne sert à rien d’entretenir certains qui ne contribueront qu’à retarder la mise en oeuvre de l’ambition présidentielle. Ainsi, le temps est compté et personne ne fera pas demain ce qu’il devrait faire aujourd’hui, quelle que soit son expertise. Ainsi, les membres du gouvernement ne doivent pas attendre qu’on parle de remaniement çà et là pour grouiller.

Chacun d’eux est considéré comme personne assermentée et doit par conséquent se donner corps et âme pour soulager les souffrances des millions de Maliens. Au stade actuel, il n’est pas sûr qu’il serait pragmatique de donner le maximum de temps aux membres du gouvernement pour faire leur preuve. Il ne doit plus être permis d’aller par tâtonnement en ce qui concerne la gestion des affaires publiques.

DES ALTERNATIVES

On a l’habitude de le dire, il n’y a pas de problème sans solution, cela ne peut être, dans le contexte actuel qu’une invitation de tous ceux qui sont à des instances de décisions, de prospecter de nouvelles opportunités afin de pouvoir faire face aux préoccupations quotidiennes des millions de Maliennes et de Maliens. En effet, dans plusieurs domaines, des solutions alternatives ont été trouvées. Il urge à présent de persévérer dans les efforts de recherche en vue de mieux rentabiliser les différents créneaux.

Ainsi, la culture et la transformation du pourghère offrent aujourd’hui des grandes opportunités de développement à notre pays. Il y a un début d’expérimentation et les résultats sont encourageants. Pourquoi ne pas focaliser les efforts sur un tel créneau, quand on sait que pour les spécialistes, il n’existe pratiquement pas de risque dans une telle activité?

Si l’on parvenait à développer cette culture, cela pourrait être de nature à réduire considérablement les coûts de certains produits.

VONT-ILS TOUS DANS LE SENS VOULU PAR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE?

Le président de la République a l’habitude de dire au sujet des membres du gouvernement que soit tu travailles soit on te sort. Est-il besoin de revenir sur cette formule? Sûrement pas sinon cela serait assimilable à de la lithanie vide de valeur démocratique. Partant de là, il urge que chacun s’assume à un moment où il est beaucoup question de changement de mentalité et de comportement de la part du citoyen tout court.

Toute chose qui explique qu’on doit être davantage exigeant envers les premiers responsables du pays qui doivent donner l’exemple. Ont-ils conscience de cette nécessité et des urgences? En tout cas, pour le moment, le rythme de travail de certains ministres ne semble pas encore aussi satisfaisant. Il faudra donc que ceux-ci redoublent de dynamisme avant qu’il ne soit trop tard pour eux de se ressaisir.

Par ailleurs, quoiqu’on dise, les acteurs politiques, même ceux de l’opposition, de même que les représentants de la société civile ont des rôles à jouer dans une démocratie. En effet, ils ne doivent pas se contenter d’accuser, de critiquer les situations, ils doivent aussi faire des propositions, apporter leur contribution à la consolidation du processus démocratique.

S’ils ne le font pas, ils ont alors failli par rapport à l’une de leurs missions vis-à-vis de ceux qu’ils représentent.

Moussa SOW

18 Mars 2008.