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Malgré les assurances des autorités quant au déroulement normal des évaluations des élèves des établissements secondaires publics, force est de constater que le résultat est beaucoup mitigé.

Contrairement aux autorités, les responsables de la COSES constatent avec beaucoup d’amertume que le ministre a tenté l’impossible : “faire composer les élèves sans leurs enseignants”.

Mais, sentant l’échec du ministre profiler à l’horizon, le bureau de coordination de l’AEEM, 72 heures avant le début des compositions, au cours d’une conférence de presse, a levé tout équivoque sur la volonté des élèves à prendre part aux évaluations.

Après avoir subi un échec cuisant le 5 mai 2008, lorsqu’il avait voulu faire composer les élèves des établissements privés, Amadou Touré, ministre des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, a décidé de fixer la date des évaluations pour la période comprise entre le 19 et le 30 mai 2008 pour les établissements publics.

Mais, à la différence du 5 mai 2008, l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) avait clairement exprimé la participation des élèves à ces évaluations.

Au cours d’une conférence de presse organisée, le vendredi 16 mai 2008, à la maison de l’étudiant, Mohamed Ibrahim Baby, secrétaire général de l’AEEM, a rassuré que son syndicat a de tout temps souhaité que l’État prenne toutes les dispositions pour que ses militants puissent subir les épreuves d’évaluation au titre de l’année scolaire 2007-2008. “On a reçu la lettre du ministre Amadou Touré, le 9 mai 2008.

Cette lettre portait à notre connaissance que les évaluations auront lieux à partir du 19 mai 2008. Comme c’était le souhait de l’AEEM, je suis heureux de vous informer qu’à l’issue d’un comité directeur, la décision a été prise de ne rien faire pour perturber les compositions”, a-t-il déclaré.

Par ailleurs, il a indiqué que la crise actuelle de la faculté des sciences juridiques et politiques est le résultat d’un contentieux électoral. Selon lui, les militants de l’AEEM sont des victimes de cette crise.

J’invite tous les étudiants de la Faculté des sciences juridiques et politiques de se mettre à équidistance de la bagarre entre les enseignants des deux camps en conflit”, a-t-il ajouté. Le secrétaire général de l’AEEM s’est aussi prononcé sur le futur forum sur l’école que le Premier ministre s’apprête à organiser.

Si l’AEEM est favorable à toutes les réflexions qui pourraient permettre à l’école malienne de sortir de cette crise qui n’a que trop duré, le secrétaire général a fait une mise en garde : “nous ne voulons pas que ce forum prenne l’allure des concertations nationales de 1994 qui ont été faites contre l’AEEM”.

Depuis octobre 2007, bien que les cours se soient déroulés normalement dans les écoles secondaires, aucune évaluation digne de nom n’y a été organisée. Pour cause : un bras de fer oppose la coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (COSES) au gouvernement.

Assane Koné

22 Mai 2008