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Le Premier ministre Cheick Modibo Diarra va passer plusieurs heures d’insomnie pour trier dans la compilation de la centaine de CV de ministrables qui se sont empilés ces dernières soixante douze heures sur son bureau. Comme il faut choisir parmi les prétendants aux fonctions ministérielles, il devra laisser certains amis sur le carreau. Surtout que le président de la République pourra réajuster certains détails de la liste qu’il lui proposera. Perspective de casse-tête pour le duo dirigeant de la transition malienne. Sous l’œil vigilant du chef de l’ex-junte.

Prévu pour être formé au plus tard le 31 juillet 2012, le gouvernement d’union nationale appelé de tous les vœux pour sortir le Mali de la crise institutionnelle et lui permettre de reconquérir son septentrion occupé peine à être accouché. Que de consultations et de conciliabules ! Que de tergiversations et de volte-face des uns et des autres ! Annoncé finalement pour ce jeudi, il est presque sûr que le nouveau gouvernement ne pourra être connu qu’après la fête de fin du ramadan attendu pour le samedi prochain. Certains observateurs annoncent que rendre public le gouvernement à la veille de cette fête ne serait pas une bonne chose pour les ministres aux portes desquels une horde de « voisins » d’«amis» prédateurs vont se bousculer pour des …salutations et autres bénédictions.

Si les différents regroupements politiques ont eu toutes les difficultés du monde pour proposer chacun les huit ministrables sollicités à la primature, c’est un moment d’intense activité des nerfs que s’apprêtent à vivre le Premier ministre Cheick Modibo Diarra et le président de la République par intérim.

Selon nos informations, Dioncounda Traoré doit recevoir demain vendredi 17 août 2012, avec un retard puisque la limite était fixée au mardi soir, les candidatures des postulants des partis politiques et de la société civile à un poste dans le gouvernement national.

Des sources crédibles annoncent que 32 postes sont concernés dont un commissaire en charge du nord du Mali. Alors qu’une centaine de prétendants sont enregistrés à la primature. Ce qui fait que l’astrophysicien a simplement du pain sur la planche. Depuis la semaine écoulée, chaque camp s’activait avec toute la détermination requise mais aussi avec plus ou moins d’inquiétude.

Au FDR, les huit noms proposés sont, du côté des partis politiques : Abdoul-Karim Traoré dit Empé de l’Adéma, Me Demba Traoré de l’URD, Tiéman Coulibaly de l’UDD et Mohamed Dibassy du PDES. C’est le vice-président Iba N’Diaye qui a eu la lourde mission de concilier les positions, convaincre les uns et les autres pour laisser finalement en rade les partis comme le PARENA, le PSP sans aucun représentant parmi les potentiels ministrables.

Pour la société civile, les noms d’Amadou Koïta de l’UMAM, Fatoumata Siré Diakité de l’APDF, Mamadou Cissé du GRAM, Alioune Guèye du CNJ devrait être déposés hier à dix heures sur le bureau du chef du gouvernement.

Du côté de l’alliance IBK-Mali-2012, on parle de trois portefeuilles pour le RPM, d’un poste à attribuer à l’Um-RDA, un au parti FAMA, un au MIRIA, et les quatre restants à répartir entre les nombreuses associations membres de ce regroupement. Des noms comme Bokary Téreta (ancien ministre), Ousmane Ag Rhissa, Bocar Moussa Diarra, Amadou Soulalé sont cités dans les coulisses.

Comme nous l’écrivions hier, la CSM a introduit les dossiers d’Ousmane Ben Fana Traoré, Dr Amadou Sy, David Sagara (ancien ministre) et Mamadou Bagayoko.

Avec le revirement de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM), qui se dit finalement disposée à participer au gouvernement, il faut compter encore avec un léger retard pour réceptionner les noms de leurs ministrables. Pour le président de l’organisation, Hamadoun Amion Guindo, les autorités ont accepté l’organisation de la fameuse concertation nationale. » Je pense que les autorités ont compris cela, et les décisions sont en train d’être prises par le gouvernement. La Copam est d’accord pour participer à un gouvernement d’union nationale », a déclaré M Guindo hier sur RFI. Jusque tard hier, nous n’avons pas pu avoir les noms des ministrables de cette organisation pro-putsch, dont des membres boudaient toujours.

A ce groupe, il faut ajouter les huit noms proposés par le regroupement ADPS, (proche de l’ancien Premier ministre Soumana Sako), dont nous n’avons pu avoir connaissance. Sans oublier qu’il nous est revenu que le président de la République, le Premier ministre et l’ex-junte ont chacun un quota réservé de 5 portefeuilles ministériels.

Comme on le voit, dépouiller cette pile de CV, sans compter qu’il faut y adjoindre une enquête de moralité des futurs ministres ne sera pas chose aisée pour le Premier ministre.

Bruno D SEGBEDJI

16 Août 2012