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Ançar Eddine est actuellement, avec les autres mouvements religieux radicaux, la seule force présente au nord du Mali. Elle prône la charia, et dans sa compréhension de cette charia, il ne faut ni image, ni représentation divine, ni dévotion à un saint.

Aidés de ses compagnons de foi, Ançar Eddine a entrepris la démolition des mausolées et tout ce qui peut ressembler à ce qu’il croit être un phénomène qui détourne du Dieu Eternel. Le phénomène n’est pas nouveau, même s’il renvoie aux heures sombres de la religion. Mais, il relance un débat théologique aussi vieux que le monde.

Toutes les religions révélées ont été confrontées à un moment ou à un autre à cette question : faut-il se fier à Dieu ou à ses saints ? Faut-il même reconnaître des saints et, partant, leur demander d’intercéder, grâce justement à cette relation privilégiée que nous pensons qu’ils ont eu avec Dieu, pour nous ?

Faut-il des images, des stèles et des mausolées ? Y a-t-il une différence entre la vénération des images et l’adoration qui est due seulement qu’à Dieu ?

Les Grecs avaient bâti un panthéon, un temple dédié à l’ensemble des divinités : le dieu du vent, de l’amour, de la guerre…. Conscients, ils avaient laissé une place « au dieu inconnu« . La représentation de Dieu a toujours été une préoccupation pour l’homme. « Puisque Dieu, au commencent, a créé l’homme à son image et à sa ressemblance« , celui-ci, en voulant le représenter ne risque-t-il pas d’inverser cela, en créant « un dieu« à notre « image et ressemblance« ?

A. Kalambry

Les Échos du 13 Juillet 2012