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Sans bruit, le Premier ministre Diango Cissoko, est en train de conduire le bateau Mali vers des rivages plus calmes. Il a réalisé en deux mois, ce qui relevait de la gageure sous son prédécesseur. Il n’est pas exagéré de dire qu’il a une main heureuse ou tout au moins incarne l’efficacité discrète au service de la nation dans la phase la plus critique de son existence.

Grâce à son entregent, l’ancien Médiateur de la République a imposé un cessez-le-feu définitif entre les « bérets rouges » et les « bérets verts », ce qui n’est pas la moindre des choses eu égard aux dissensions entre ces deux composantes de l’armée nationale. Leur guéguerre avait fini par donner des insomnies à la République tout entière.

Le chef de gouvernement a trouvé la bonne solution. Elle consiste à réaffecter les éléments respectueux de la décision de la hiérarchie militaire au sein d’unités opérationnelles à Gao, Tombouctou, etc. après une mise à niveau à Ségou et à Sévaré. Il s’agit surtout de maintenir le 33e Régiment des commandos parachutistes de Djicoroni comme un centre de formation des commandos parachutistes. Le corps n’est donc pas dissout.

Cet accord est le fruit de concertations entre le PM et les Forces vives de la nation qu’il consulte sur toutes les questions. S’il peut trancher seul, il a, semble-t-il, pris le pari de ne laisser personne à la touche, compte tenu de la gravité de l’heure. Un effet positivement ressenti dans la population, qui se sent impliquée dans les affaires publiques.

La reprise de la coopération économique que nous connaissons aussi ne doit rien au hasard. Elle résulte de la feuille de route du gouvernement. Depuis sa validation par l’Assemblée nationale, M. Cissoko multiplie les initiatives et les actions auprès des partenaires bi et multilatéraux.

Sous cette nouvelle impulsion, plusieurs partenaires techniques et financiers ont déjà annoncé leur retour programmé dans le pays. Ce qui est un bon signe de stabilité pour le pays, qui a besoin de ce coup de pouce des bailleurs de fonds pour amorcer sa phase de reconstruction après la guerre.

L’Union européenne (UE) a pris la tête de file du redémarrage économique au Mali : en mettant dans la cagnotte un montant de 270 millions d’euros, soit plus de 176 milliards de F CFA.

Il s’agira, pour le chef du gouvernement de transition, de garder ce « Cap de Bonne-Espérance« pour une sortie en apothéose aux termes d’élections crédibles et transparentes, prévues en juillet 2013.

Bayer

Les Echos du 18 Février 2013