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« La priorité, c’est la récupération du Nord et l’organisation des élections (…) Je veux faire un gouvernement d’union nationale », a affirmé mardi soir après sa nomination, le nouveau Premier ministre Diango Cissoko. Ces propos ont, certes rassuré de nombreux Maliens mais aussi les chefs des regroupements politiques avec qui le nouveau PM devra travailler en étroite collaboration. Ces regroupements politiques lui font confiance, mais restent prudents en attendant de le voir à l’œuvre.

« Rien ne marchait« avec CMD comme Premier ministre, « au lieu d’être le chef d’équipe pour conduire, il était quand même le point de blocage« , affirmait mardi le capitaine Sanogo sur les antennes de l’ORTM. Ce sentiment du tombeur d’ATT était partagé par de nombreux Maliens qui approuvent la nomination d’un nouveau Premier ministre.

Agé de 63 ans, Diango Cissoko, qui était le médiateur de la République, a été nommé Premier ministre en remplacement de Cheick Modibo Diarra. « M. Cissoko est bien connu des Maliens. Nous l’avons vu dans tous les régimes qui se sont succédé pendant ces 40 dernières années. Il a de l’expérience ; tout dépendra de la manière avec laquelle il y aura une coordination entre lui et le président de la République ainsi que l’implication », estime Boubacar Touré, chargé de communication du regroupement IBK-Mali 2012.

« Le prochain gouvernement devra être dirigé par un Premier ministre consensuel, un homme compétent qui doit s’atteler, sans tarder, à la réalisation de deux missions essentielles, la reconquête de l’intégrité territoriale à travers, d’une part, le déclenchement d’un dialogue politique avec les groupes armés se démarquant clairement du terrorisme et d’autre part, la préparation active de l’intervention militaire pour chasser hors du territoire national les organisations terroristes et criminelles. Ensuite, il s’agira de préparer les conditions matérielles, financières, et techniques, en vue de la tenue des élections générales en 2013 afin de doter le pays de dirigeants légitimes capables de prendre les décisions engageant l’avenir du pays. J’exhorte les autorités de l’Etat à organiser, dans les meilleurs délais, les concertations nationales qui doivent avoir pour objectif principal de renforcer la cohésion nationale autour d’une feuille de route consensuelle visant à terminer la transition dans les délais requis. J’appelle tous les Maliens et toutes les Maliennes, sans exclusive, à s’unir autour de l’essentiel : le Mali, afin de faire face avec détermination aux défis gigantesques qui s’imposent à nous. C’est dans l’unité et la cohésion de la nation que le Mali retrouvera sa place en Afrique et dans le monde », espère Ibrahim Boubacar Kéita ancien Premier ministre.

Au FDR, Diango Cissoko bénéficie également d’une grande estime. Pour le chargé à la communication de ce regroupement, M. Cissoko connaît les rouages de l’administration au plus haut niveau de l’Etat. « Son expérience est un atout pour diriger une équipe gouvernementale. Mais tout dépendra également de la manière dont il abordera les sujets avec les partenaires que sont les partis politiques et la société civile. Ici au FDR, nous n’avons aucun préjugé, mais nous attendons aussi de le voir à l’œuvre ».

A l’APDS, le nouveau PM est également apprécié à cause de sa longue carrière administrative. « Si on ne doute point de ses capacités intellectuelles nous attendons de voir comment les choses vont évoluer sous sa conduite », confie au téléphone un membre du directoire de la Cnas/Faso-Hèrè.

Denis Koné

Les Echos du 14 Décembre 2012