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A écouter l’interview que le Chef du gouvernement a accordée à nos confrères de Rfi, au terme de son séjour parisien, la question parait bien tranchée. Il y aura bien un dialogue entre Maliens. Mais qu’en et-il du Mnla ?

La discussion est bien évidemment un passage obligé pour la reconstruction du Mali post crise. Seulement, il revient aux Maliens d’identifier les parties prenantes à ce dialogue dans un Mali où des groupes, rebelles notamment, telle une girouette tournant dans le sens du vent, viennent dans la République et y sortent au gré de leurs intérêts sordides. Quitte à passer pour des opportunistes, sacrifiant du coup leur dignité, s’ils en ont. Mais, à écouter l’interview que le Chef du gouvernement a accordée à nos confrères de Rfi, au terme de son séjour parisien, la question parait bien tranchée.
A la question de savoir si le dialogue politique avec les populations du Nord était dans son agenda, la réponse de Diango Cissoko est sans équivoque. «Bien sûr», s’était-il empressé de répondre, tout en révélant qu’à cet effet, une Commission nationale du dialogue et de la réconciliation verra le jour en principe avant la fin du mois de février. Toutefois, avait-il précisé, le dialogue se déroulera entre l’ensemble des communautés maliennes, quelles soient du Sud ou du Nord. Au sujet d’éventuelles discussions avec le Mouvement national dit de libération de l’Azawad, cette organisation volage qui prétend à tord parler au nom du peuple touareg du Mali, le Premier ministre malien s’est montré plutôt nuancé. Il a surtout dénoncé l’incohérence que les dirigeants de ce mouvement font montre depuis. «Tantôt ils disent qu’ils ont des revendications territorialistes, tantôt ils se disent des Maliens», avait-il dit.
En tout cas, à croire le chef du gouvernement, dès lors qu’ils acceptent l’intégrité territoriale du Mali, il n’y a plus de Mnla, puisque parmi les huit régions de notre pays, il n’y a pas d’Azawad. Voilà ce qui est clair et qui devrait amener les narco trafiquants du Mnla à choisir définitivement leur camp. Car, leur jeu a fini par être découvert par les autorités de la transition, à commencer par le chef de l’Etat, Pr Dioncounda Traoré. Lui qui, en son temps, avait estimé que les criminels du Mnla étaient qualifiés pour les négociations avant de se rétracter.
Sur un tout autre volet, notamment l’absence de l’armée malienne à Kidal, Diango Cissoko a reconnu qu’il y a bien évidemment problème. Problème qui, du reste, serait en train d’être examiné par les autorités maliennes et françaises, à en croire M. Cissoko. En tout état de cause, l’armée malienne se rendra à Kidal dès que cela est possible, a-t-il rassuré. Par ailleurs, le Premier ministre a fait savoir que l’essentiel des opérations militaires d’envergure avaient pris fin dans le Nord. A présent, il reste la phase de sécurisation et de stabilisation du pays, a-t-il estimé avec la conviction que la guerre ne va pas être plus dure que prévu. Autre question abordée au cours de cette interview, c’est l’influence sur les élections de juillet prochain du capitaine Amadou Haya Sanogo, désormais président du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité du Mali. Rien de contradictoire, selon le chef du gouvernement. Pour lui, un organe politique comme ce Comité ne devrait pas avoir d’influence sur le jeu politique. Parlant des Bérets rouges, Diango Cissoko a fait savoir que le problème les concernant est désormais entièrement réglé. D’ailleurs, ces derniers, à le croire, seront très prochainement sur le terrain.

Bakary SOGODOGO

Le Prétoire du 25 Février 2013