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Les négociations entre le président Salva Kiir et son ancien vice-président Riek Machar devrait débuter hier, jeudi 2 janvier 2012, à Addis Abeba en Ethiopie sous l’égide des pays de l’Afrique de l’Est et de la corne de l’Afrique. Mais jusqu’au moment où nous tracions ces lignes, les deux délégations ne s’étaient toujours pas rencontrées. Visiblement, ces négociations se tiendront à l’ombre du canon puisque les rebelles disent avoir repris le contrôle de la ville de Bor. Ville sur laquelle le camp du président Salva Kiir a affirmé plus tard avoir marché.
Les chances pour les deux délégations de parvenir à un accord sont très minces

Les chances pour les deux délégations de parvenir à un accord sont très minces, et ce en dépit de l’expiration de l’ultimatum lancé par les Etats de la sous-région, car Riek Machar continue à réclamer la démission du président Salva Kiir. On a l’impression que chacun des deux camps veut aller au dialogue en position de force, si fait qu’il est difficile de croire en dénouement rapide de cette crise qui aura coûté la vie à de centaines de Sud Soudanais et provoqué de milliers de déplacés. Au fait, l’ancien vice-président Riek Machar, on le sait, a fait contre mauvaise fortune bon cœur en envoyant une délégation en Ethiopie. Il est dans une logique de guerre et n’entend pas lâcher prise, convaincu qu’il finira par avoir raison de son ancien compagnon d’armes.

On se rappelle d’ailleurs que le président ougandais menaçait de l’amener de force au dialogue si celui-ci renonçait à rejoindre la table des négociations. Toujours est-il que la situation semble tourner en sa défaveur puisque le président Salva Kiir semble bénéficier du soutien des Etats de la sous-région. En tout cas, plus tôt, l’ancien vice-président Machar fera profil bas, mieux cela vaudra, puisqu’à vouloir trop tirer sur la corde, il finira sans doute par se créer des ennuis. Et dans le cas d’espèce, il y a fort à parier que s’il n’y prend garde, il finira par attirer sur sa personne le risque d’un crime politique.

De toute évidence, il urge que le président Salva Kiir et son rival Riek Machar trouvent un terrain d’entente pour que prennent fin les multiples exactions dont sont victimes les populations plus que jamais éprouvées et désabusées.

La guerre des ego à laquelle se livrent les deux hommes a fini par faire déchanter le peuple sud soudanais qui croyait finies ses souffrances depuis son accession à l’autodétermination, marquant ainsi son indépendance vis-à-vis de Khartoum. Tout se passe comme s’il était impossible à ce peuple qui a déjà trop souffert de vaincre le signe indien, tant ses conditions vont de mal en pis. On en vient par moment à se demander pour qui roule l’ancien vice-président connu pour son inconstance et ses excentricités.

Car on se rappelle d’ailleurs qu’au temps fort de la guerre qui opposait le Nord au Sud, Riek Machar ne manquait l’occasion de flirter avec le président Béchir qu’il prétendait pourtant combattre.
Il faudra que la communauté internationale avec les Etats unis, tape du poing sur la table pour amener Riek Machar à la raison

Ne serait-il donc pas naïf de penser qu’un tel personnage aussi trouble que volatile respectera sa signature au cas où les Etats de la sous-région en viendraient à arracher un accord entre les deux ennemis qui se vouent aujourd’hui une haine viscérale ?

Sans jouer les cassandres, Riek Machar n’acceptera pas de rentrer dans les rangs tant qu’il n’y est pas contraint .Cela dit, il faudra que la communauté internationale avec les Etats unis, tape du poing sur la table pour amener Riek Machar à la raison. Le comble est que, ce sont les innocentes populations qui vont trinquer.

Boundi OUOBA

Publié le jeudi 2 janvier 2014

Source : Lepays.bf