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Le dialogue avec les groupes armés est au « centre » de sa stratégie, a déclaré jeudi à Bangui le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, lors d’une conférence de presse avec le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres. Les deux hommes ont pris la parole après une réunion de travail conjointe, à la Présidence, sur le programme de « Désarmement, démobilisation et réinsertion » (DDR) lancé par le gouvernement et soutenu par l’ONU. M. Guterres a lancé un appel aux groupes armés pour qu’ils « acceptent de participer à la vie politique du pays », assurant que le président centrafricain avait « tout l’appui des Nations unies ». Le DDR, dont un projet pilote a débuté en septembre 2017, a pour objectif de désarmer les milices qui contrôlent la plupart du pays de 4,5 millions d’habitants. Le projet reste fragile, tant les conflits restent vivaces – faisant des centaines de morts civils ces derniers mois – dans certaines parties du pays (sud-est, nord-ouest, centre). Mi-septembre, un remaniement ministériel a acté l’entrée au gouvernement de représentants de plusieurs groupes armés, dont certains continuent de se livrer à de meurtrières exactions dans le reste du pays. Cette « ouverture » a suscité le scepticisme de nombreux observateurs, tant le président centrafricain n’a cessé de marteler que la justice serait « implacable » vis-à-vis des auteurs de crimes commis alors que ces mêmes groupes sont unanimement désignés comme les principaux responsables des violences. A la suite de cette conférence de presse conjointe, les deux hommes se sont rendus au rond-point des Martyrs, dans le centre de Bangui, où ils ont déposé une gerbe..AFP