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Ça se corse pour le chef des ex-putschites, mis à la disposition de la justice Malienne depuis le 27 novembre dernier. Une semaine seulement après son interpellation et son inculpation par le juge Yaya Karambé, les choses deviennent vraisemblablement compliquées pour Amadou Haya Sanogo après la découverte, dans la nuit du mardi au mercredi, d’un charnier contenant 21 corps, à Diago sur la route de Kati. Un communiqué du gouvernement précise que certains corps sont habillés de tenue militaire, probablement des militaires tués après les évènements du 30 avril au 1er mai 2012. Toutes les pistes semblent mener vers le chef des ex-putschistes.

Il est bon de préciser que par l’action judiciaire en cours, plusieurs militaires sont aux arrêts. Ces soldats sont suspectés d’avoir participé aux tristes évènements qui ont abouti à la disparition de plusieurs de leurs frères d’armes, les bérets rouges. « Nous avons découvert un charnier de 21 corps probablement des militaires bérets rouges, dans une fosse commune à Diago. Les corps ont été exhumés », confie un responsable du Ministère de la Justice qui a participé à l’exhumation.
La découverte de ce charnier aura une forte incidence sur le dossier d’inculpation de Amadou Haya Sanogo, sur qui pèse déjà des soupçons de meurtres, complicité de meurtres, assassinats, enlèvements de personnes et complicité d’enlèvements. La découverte de ce charnier près de Kati a été faite suivant des indices fournis par certains ex-compagnons de Sanogo.

Plusieurs hauts responsables de la justice étaient présents à Diago, sur le lieu de l’exhumation des 21 corps. Nos informations citent le juge d’instruction Yaya karambé en charge du dossier, le Ministre de la Justice lui-même, le Procureur général près la Cour d’Appel de Bamako, des agents des services de renseignement.
Pour en venir aux évènements tragiques qui ont conduit à ce charnier macabre, il faut rappeler que les bérets rouges avaient tenté, les 30 avril et 1er mai 2012, de renverser le pouvoir de la junte militaire de Kati. Plusieurs d’entre eux furent tués, parce que leur action s’était soldée par un échec. Des morts il y en a eu de part et d’autres des deux corps, bérets rouges et bérets verts, qui se sont affrontés.

Ceux des bérets rouges faits prisonniers et présentés à la télévision nationale furent ensuite portés disparus. L’on parle de 21 bérets rouges portés disparus. Leurs corps n’avaient pas encore été retrouvés. Qui a procédé à ces disparitions forcées et qui les a ordonnées?
Le chef de l’ex-Cnrdre, Amadou Haya Sanogo, apparaît aux yeux de certains comme le suspect n°1 à suivre pour toute réponse à ces questions.

Laya DIARRA

Le Soir de Bamako du 5 Décembre 2013