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Nul n’ignore la crise qui prévaut au niveau de l’éducation malienne. A telle enseigne qu’on assiste à des plans et méthodes tous azimuts de sortie de crise, mais en vain. Aussi, le Cadre de Réflexion et d’Action des Jeunes (CRAJ) maintient qu’une résolution durable de cette crise passe par une négociation bien réfléchie.

La révélation a été faite, lors d’un meeting, ce lundi 19 Mai 2008, au Stade Omnisport Modibo Keïta. La situation actuelle nous impose de nous interroger sur l’efficacité de certaines de nos stratégies, de nos méthodes d’action.

Les défis auxquels nous devons faire face, en ce début du 21e siècle, caractérisés par une accélération grandissante de la mondialisation et des progrès scientifiques et techniques, sont à la fois inédits et d’une importance capitale.

Beaucoup de dirigeants du monde entier, sinon tous, ont affirmé leur désir de transformer leurs pays en sociétés de savoir, en y instaurant une économie fondée sur l’enseignement.

De plus en plus, la connaissance, l’information et l’enseignement engendrent des modèles normaux de croissance et de victoire de richesses, et offrent des moyens inédits de lutter plus efficacement contre la pauvreté.

L’éducation est la condition préalable à tout développement, à la promotion des valeurs démocratiques. Aussi, aucun pays ne peut espérer avoir une croissance économique soutenue et lutter contre la pauvreté, si sa population ne sait ni lire, ni compter.

C’est pourquoi le meeting du Cadre de Réfléxion et d’Action des Jeunes (CRAJ) a réuni, ce lundi, au Pavillon sportif du Stade Omnisport Modibo Keïta, un nombre important de jeunes venus s’imprégner de la situation qui secoue notre école en général, et le Secondaire en particulier.

Le Secrétaire aux relations extérieures du COSES, M. N’Golo Dembélé, a tout d’abord tenu à remercier cette bonne initiative de la jeunesse et l’a qualifiée d’acte de prise de conscience. Selon lui, le malaise scollaire ne date pas d’aujourd’hui, et ses causes sont complexes et profondes. “ Pour une solution, nous devons chercher à identifier les causes et les examiner, afin d’avoir une suite favorable “, a-t-il affirmé.

En Octobre 2007, 4 syndicats du secondaire se sont donnés la main pour une révendication commune s’articulant essentiellement autour de 7 points. Rappelons que leur union a pris le nom de COSES (Coordination des Syndicats de l’Enseignement secondaire).

D’Octobre 2007 à nos jours, ges grèves se sont succédées, mais sans “accoucher ” de résultats potables en faveur des doléances des syndicats. Ainsi, le 10 Décembre 2007, le bras de fer entre gouvernement et la COSES est confirmé par des rétentions de notes et le boycott des évaluations. Voilà l’essentiel de la substance de l’atmosphère qui règne au niveau secondaire de notre enseignement.

En ce qui concerne les points faisant l’objet de la réticences dans l’un ou l’autre camp, on note, entre autres : l’indemnité de logement, la promotion du statut du contractuel, la relecture de l’Article 60 de la Loi d’orientation de l’éducation…

Le CRAJ s’est donc donné la lourde tache de faire, de la négociation, la seule porte de sortie de crise. D’où l’initiation de cette rencontre du lundi, dont l’objectif était d’obtenir les informations et de situer le problème, pour adopter des mesures convenables de résolution.

Selon le président du CRAJ, M. Mahamane Mariko, si on parle de l’école, on parle de la jeunesse dans son intégralité. A ses dires, l’école a été bradée, et l’avenir n’est pas possible sans une jeunesse consciente. “Il est temps que la jeunesse se réveille, que tout la nation se réveille “, a-t-il exhorté .

Mariko se positionne, en arguant qu’on ne peut gérer l’école sans les enseignants. Autrement dit , on ne peut 2valuer sans eux. Son but n’est pas de donner raison aux enseignants, se défend-il, mais de chercher une solution durable aux problèmes.

Aussi, le CRAJ, par la voix de son président, a exhorté le gouvernement et les syndicalistes à revenir autour de la table de négociation, pour un dénouement définitif de cette crise qui n’a que trop duré.

Bakoroba COULIBALY

21 Mai 2008