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La Direction des finances et du matériel (DFM) du ministère de l’Education et de la promotion des langues nationales est orpheline. C’est le cas de le dire. Et pour cause !

Rien ne va plus dans ce service qui, il y a juste quelque temps et comparé à d’autres services publics, enregistrait le plus grand nombre de visiteurs par jour. On peut même dire que le coup d’Etat n’a pas été pour arranger les choses. Nommé ministre, M. Ouane n’a pas mis du temps à remplacer Hama Traoré, celui-là même qui prit la place de Youba Bah. Les choses se sont dégradées progressivement puisque le nommé Hama n’était visiblement pas un homme apprécié des travailleurs de la DFM. C’est pourquoi, selon divers témoignages, sa relève a autant été acclamée que les agents et autres partenaires du service avaient dit regretté le départ de Youba Bah. Une dame fut désignée par le ministre pour son remplacement.

Aussitôt, les mauvaises langues n’ont pas tardé à décrier ce choix au motif que la nouvelle Directrice des finances n’était autre que la femme à l’ami du ministre Ouane (sic). Dans tous les cas, cette nomination a presque contribué à tout détruire. Une vie et des prestations. En effet, peu de temps après sa prise de fonction, Mme la DFM décède brutalement. Quant aux prestations, elles sont au point totalement mort. Si bien que les missions prioritaires de la DFM sont rendues impossibles à réaliser. De la rentrée des classes à la date d’aujourd’hui, les écoles publiques de l’enseignement secondaire n’arrivent pas à satisfaire les demandes de fournitures au bénéfice des élèves. Au moment où nous étions sous presse, des économes de lycées de l’intérieur se trouvaient encore à Bamako pour se procurer juste quelques cartons de cahiers.

Et ce, depuis quelques semaines. Les réunions se succèdent aux réunions, sans que rien de concret ne vienne combler le trou du besoin. C’est dans ce contexte que les mauvaises langues – toujours elles – rapportent que faisant fi d’un appel d’offres rendu public pour la fourniture des cahiers, le ministre a attribué à un parent le même marché. Un joli pactole tout de même. Quand celui-ci envoya son dossier au ministère des finances, par les voies désignées, il a été simplement rejeté. Car jugé non conforme à la réglementation en vigueur. Il aura donc fallu trouver un autre fournisseur à même d’introduire un dossier en règle, rapporte-t-on. Le temps pour le ministère des finances de trouver et de débloquer l’argent nécessaire, les élèves se débrouillent à coucher sur des supports les cours dispensés par leurs professeurs.

Dont les syndicats disent, pour beaucoup d’entre eux, qu’ils n’attendront pas indéfiniment pour la reprise des luttes autour des revendications qu’ils jugent absolument légitimes. Aussi faudra-t-il se résoudre à nommer un nouveau DFM. Puisque rien n’indique que les femmes inspectrices des finances accepteraient ce poste au ministère de l’éducation et de la promotion des langues nationales après la mort « inexpliquée » de leur collègue.

Un autre dossier reste en attente et concerne le paiement des frais scolaires et de demi-bourses des écoles privées aussi bien de la capitale que de l’intérieur du pays. Il s’agit, selon nos sources, de beaucoup d’états de paiement. Et le hic, c’est que nul, chez les intéressés, ne sait à quand lesdits états seront payés

A GUINDO

Liberté du 16 Octobre 2012