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La Mission de Consolidation de la Démocratie présidée par Daba Diawara tire à sa fin, mais rien ne filtre concernant le rapport qui serait prêt en fin septembre. Les membres de cette équipe restent muets au sujet du déverrouillage constitutionnel. La commission Daba Diawara va-t-elle demander une révision constitutionnelle portant sur le mandat du président de la République ? En tout cas, elle observe un mutisme suspect.

Interrogé sur la question de la relecture du mandat du président de la République, un membre de la Mission sur la Consolidation de la démocratie nous a rétorqué : ‘’vous le saurez à la publication du rapport. ‘’ Il ajoute, « beaucoup de salives et d’encres ont coulé, soutenant que la mission avait reçu de l’argent pour revoir cette disposition de la constitution ».

Selon nos sources, les partisans d’ATT n’ont pas désarmé et entendent faire reconduire leur mentor puisqu’ils se trouvent devant la difficulté de lui trouver un successeur taillé sur mesure. Ceux d’entre eux qui ont voulu préparer le Premier ministre Modibo Sidibé comme dauphin ont dû revoir leur copie car le chef du gouvernement est désavoué, contre toute attente, par ATT.

Hamed Sow, ministre de l’Energie, des mines et de l’eau, non plus, ne peut faire figure de dauphin à cause de ses démêlés avec l’Union européenne. Malgré tout, certains croient fermement que l’auteur du Programme de développement économique et social (PDES) peut être le candidat qui peut rassembler les partisans d’ATT et de ce fait, ils entendent le mettre sur les rampes de lancement.

D’autant plus qu’à travers la presse, des contributions s’étaient prononcées dans le sens de la prolongation du mandat présidentiel. Toutes choses qui rendent suspect le mutisme de la Mission de réflexion sur la consolidation de la démocratie sur la relecture du mandat présidentiel.

En fait, c’est ce mois de septembre que la mission doit rendre son rapport au président de la République, Amadou Toumani Touré. La date de remise du rapport a été reportée puisqu’elle était, auparavant, fixée à la fin du mois d’août. Ce qui contribue à rendre le climat de méfiance beaucoup plus tendu.

Dans la lettre de mission adressée par le chef de l’Etat à l’ancien ministre Daba Diawara, la Mission de réflexion pouvait consulter les institutions de la République, les administrations, les partis politiques, les organisations de la société civile et toute personne qualifiée de son choix. Au cours des écoutes, selon nos sources, des acteurs consultés avaient tenu à savoir, en vain, s’il était question de revoir le mandat du président de la République.

D’autres ont tout simplement décliné leur invitation car ils estiment que la mission était conçue pour des fins politiques.

En outre, il fallait mener la réflexion sur le statut de l’opposition. La lettre de mission adressée à Daba Diawara, précise : ‘’ il convient de corriger des lacunes et insuffisances relevées et d’une manière générale, d’améliorer notre système électoral et notre mode de financement public des partis politiques.

La démocratie implique que l’opposition ait les moyens politiques, juridiques et financiers lui permettant d’exercer son rôle et que ses droits soient reconnus et garantis.

L’organisation et le fonctionnement des institutions de la République suscitent régulièrement des débats au sein de la classe politique et dans l’opinion publique nationale. Les principales préoccupations concernent les questions relatives aux rapports entre les institutions.

A l’aune de la pratique institutionnelle, il me parait important de clarifier davantage les compétences des institutions de la République ainsi que les relations entre elles et au besoin, de recentrer lesdites compétences. Je suis convaincu que la vitalité d’une démocratie réside dans sa capacité de se remettre en question.

‘’ Dans cette lettre de mission, les lacunes relevées dans nos textes concernaient le mode de scrutin, la multiplicité des structures intervenant dans l’organisation des élections, le faible engagement des partis politiques et des candidats aux différents scrutins, la faiblesse récurrente du taux de participation aux différents scrutins en relation avec le mode d’inscription sur les listes électorales, les difficultés rencontrées dans la distribution des cartes électorales, la difficulté d’identification des bureaux de vote par les électeurs, l’absence fréquente des représentants des partis politiques au sein des commissions administratives de révision des listes électorales, la fraude électorale, le coût élevé des élections, le contentieux électoral et l’éligibilité des partis politiques au financement public…


Baba Dembélé

03 Septembre 2008