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Depuis un certain temps, la notion de “Responsabilité sociale de l’entreprise” est le thème de rencontres et de débats dans notre pays, particulièrement à Bamako. Au Mali, comme dans beaucoup d’autres pays en voie de développement, les entreprises performantes et compétitives au plan international sont sollicitées pour promouvoir et le développement socio-économique et lutter contre la pauvreté.

Les pays en voie de développement doivent relever le défi majeur du développement. Avec cette lourde tâche de guider et d’aider ces pays pauvres vers un développement économique harmonieux, durable, performant et compétitif, ces entreprises doivent avoir la conscience de la charge et de la lourde responsabilité qu’elles ont vis-à-vis de la société où elles évoluent et de l’environnement qui les entoure.


LE CONTENU DE LA RESPONSABILITE SOCIALE DE L’ENTREPRISE

Cette responsabilité sociale de l’entreprise implique que celle-ci s’engage à long terme sur le plan économique, mais aussi sur le plan social et environnemental. Cette notion invite les entrepreneurs à adopter un comportement de vrais responsables, qui doit pouvoir conduire à une réussite commerciale durable. Les actionnaires, administrateurs et cadres en général doivent prendre conscience qu’une gestion qui tient compte de l’ensemble des partenaires (personnels, clients, fournisseurs et actionnaires) favorise non seulement leurs affaires, mais participe à la bonne santé de la société dans laquelle ils vivent.

C’est ainsi que la société Siemens au Mali a offert, à l’occasion de la 12ème édition du mois de la Solidarité et de la Lutte contre l’Exclusion, un don important à la Fondation pour l’Enfance et à l’Association pour l’Epanouissement Economique et Social de la Femme (AESF) pour une valeur de plus de 14 millions de CFA. Cela a fait dire à M. Sylvain Bertacco, représentant de Siemens ceci : ”Siemens est partenaire de Sotelma-Malitel et joue un rôle exemplaire en matière de citoyenneté d’entreprise au Mali et comme dans d’autres pays. Nous voulons montrer par ce geste qu’il est possible de concilier les affaires et les soutiens actifs à des projets sociaux, visant à promouvoir l’épanouissement de la population”.

UN BEL EXEMPLE DE SOLIDARITE

Le bel exemple de l’action sociale a été aussi donné par la société British Américain Tobacco, dans le même cadre de la manifestation de la 12ème édition du mois de la Solidarité et de la Lutte contre l’Exclusion. En effet, cette société a offert 40 tonnes de riz à la Direction Nationale du Développement Social. A cette occasion, Dan Ayao Dussy, Directeur Régional pour l’Afrique dira : “Le geste s’inscrit dans le cadre du mois de la Solidarité et c’est un engagement pris par la Direction de British Américain Tobacco. Car, au-delà de l’activité économique, il nous faut de la valeur ajoutée certaines à nos communautés hôtes. N’est-ce pas cela aussi la solidarité ? Nous accompagnons les populations dans leur quête de développement”.

Dans notre pays, ces quelques entreprises mènent déjà cette réflexion en fonction de leurs possibilités et de leur responsabilité face à la société où elles se trouvent. Cette notion de responsabilité sociale de l’entreprise, qui bouscule les habitudes, fait parfois un peu peur. Les chefs d’entreprises craignent, en effet, que sa mise en application n’engendre un surcroît pour l’activité. Or le changement peut s’avérer très rentable car, il est souvent l’occasion de mettre en place de nouveaux processus, de faire le marketing ou d’élaborer de nouveaux produits.

La responsabilité sociale de l’entreprise constitue une petite révolution dans le monde économique aujourd’hui dominé, très souvent par l’intérêt à court terme des actionnaires, lesquels exigent des performances exorbitantes de la part des entreprises.

PARFOIS DES CONTRAINTES POUR LES DIRIGEANTS

Cela contraint les dirigeants à prendre des décisions qui peuvent handicaper ensuite le développement de l’entreprise, voire précipiter sa faillite et qui, de plus, sont très douloureuses d’un point de vue social. En effet, l’optique ultra-libérale maximise le profit de l’actionnaire au détriment d’autres composantes de la société.

Une optique plus modérée vise à agir en tenant compte de l’environnement et de la pérennité de l’activité. Le choix renvoie à la raison d’être de l’entreprise qui est uniquement le profit pour l’actionnaire, même si ce dernier est nécessaire. L’essence de l’activité, on l’oublie souvent, c’est d’offrir un service à la société : fabriquer du papier, construire des immeubles, tracer des routes. Tout cela est organisé pour le bien-être général.

Dans tous ces domaines, on peut travailler en ayant à l’esprit les recommandations du pays sur le développement durable. C’est la raison pour laquelle, il nous semble que la responsabilité sociale de l’entreprise traverse tous les domaines, peu importent les spécialités, et les champs d’intervention des entreprises. Il apparaît important de donner à certaines personnes le réflexe de comparer toutes les options possibles lorsqu’il faut exécuter un transport.

Le choix de la route est trop facile. Comparer réellement tous les coûts et envisager des solutions, mais être sensible au prix du pétrole et aux bouchons sur les routes peut amener à choisir le rail où la voie fluviale qui est beaucoup moins consommatrice d’énergie et moins productrice de CO2. Il faut certainement repenser ce mode de fonctionnement et responsabiliser davantage tous les acteurs du monde économique de notre pays pour qu’ils puissent y avoir une meilleure harmonie entre l’entreprise, la société et l’environnement.

Moussa KONDO (Stagiaire)

06 décembre 2006.