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Le Mali classé 175e pays sur 177, selon l’indice de développement humain ! Ce classement du PNUD en 2006 avait défrayé la chronique et fait réagir le gouvernement. Quatre ministres, Marimantia Diarra, Gaoussou Drabo, Hamed Diané séméga et Ousmane Thiam étaient montés au créneau pour dénoncer ce qu’ils avaient qualifié de «faux chiffres» et qui avait été déterminant dans le calcul de l’indice de développement humain. Aujourd’hui, l’occasion est donnée au PNUD et aux cadres de notre pays de s’entendre sur ce point ou, à défaut, de comprendre les motifs de leurs divergences.

En effet, un atelier technique portant sur le mesure du développement humain, co-organisé par l’Observatoire du développement humain et de la lutte contre la pauvreté, le bureau du rapport mondial sur le développement humain du PNUD et le département des affaires économiques et sociales de l’ONU se tient du 14 au 16 avril, au Centre international de conférence de Bamako.

La cérémonie d’ouverture était présidée, hier, par le ministre du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées, Sékou Diakité, en présence des représentants du PNUD, de la représentante du bureau du rapport mondial sur le développement, des secrétaires généraux des ministères, des représentants des institutions de la République et des services de l’Etat, des représentants des partenaires techniques et financiers et des représentants de la société civile.


Sékou Diakité a indiqué :
«Le développement humain repose sur une idée toute simple mais forte : placer l’individu au centre du développement. Il s’agit d’élargir les choix et les libertés permettant aux gens de vivre longtemps et en bonne santé, d’accéder au savoir, de bénéficier d’un niveau de vie décent et de participer à la vie locale dans la dignité et le respect d’eux-mêmes». Il n’a pas manqué de rappeler le contexte dans lequel ces assises techniques vont se dérouler.

«Cet atelier, a-t-il dit, vient à un moment où le rapport mondial publié par le PNUD soulève des discussions, voire des critiques ou des désapprobations de la part de certains pays africains pour le classement qui leur est réservé.

Ainsi, dans le rapport mondial 2006, le rang occupé par le Mali, selon l’indice du développement humain a entraîné à l’époque, une réaction officielle de désapprobation adressée à la direction du PNUD. Aussi, avec la présence de tous les acteurs intervenants dans le processus de mesure du développement humain, nous espérons que les participants seront mieux informés, non seulement de la démarche du développement humain, mais aussi, de sa mesure».

Il a rappelé l’objectif de l’atelier qui est d’expliquer aux différents acteurs la démarche du développement humain durable et l’importance de sa mesure dans l’évaluation du niveau de développement d’un pays.

Il a soutenu que ce sont les indicateurs composites, tel que l’indice du développement humain qui est utilisé comme instrument de mesure. Il a tenu à préciser qu l’IDH est aujourd’hui reconnu comme l’un des principaux critères de classement et de comparaison des pays à l’échelle du monde. L’économiste principal du PNUD, Luc Grégoire a salué le gouvernement pour son engagement à l’affinement de la mesure et à l’amélioration de la collecte des informations statistiques pour le développement humain.


Il a affirmé :
«cette rencontre constitue une étape importante dans le processus de dialogue des politiques en faveur du développement humain mais également pour la conduite des processus nationaux d’élaboration des rapports sur le développement humain notamment dans leur dimension méthodologique et statistique…

Depuis un peu plus de 15 ans, le PNUD réalise et diffuse au plan international son rapport mondial sur le développement humain qui a incontestablement joué un rôle majeur dans l’évolution du paradigme de développement. Depuis 1997, le PNUD élabore également des rapports à vocation régionale qui permettent de spécifier des diagnostics et problématiques de développement à l’échelle continentale ou sous régionale.

Notre institution a par ailleurs encouragé la réalisation de rapports nationaux consacrés aux défis du développement humain. Près de 300 de ces rapports ont été élaborés en Afrique…ces différents instruments se complètent avantageusement et valorisent la réflexion stratégique et la promotion des partenariats à l’échelle internationale et nationale.

Ces rapports se révèlent être de puissants instruments permettant de mesurer les progrès, mais aussi et de façon courageuse, les contre performances notées dans la définition et la gestion des politiques publiques». Sans susciter la polémique, ce discours reste sans conteste un vibrant plaidoyer pour les rapports du PNUD et un avertissement adressé au gouvernement.

C’est à ce titre qu’il faut en déduire que le PNUD ne tient pas à remettre en cause les principes qui l’ont conduit à classer le Mali 175e sur 177e. Ce classement a toutefois été fait en 2006 et depuis, beaucoup d’eaux ont coulé sous les ponts.

Baba Dembélé

15 Avril 2009