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S’il y a un domaine dans lequel le PDES est mal en point, c’est bien la sécurité alimentaire. Le 1er mai, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) n’a pas manqué de rappeler aux pouvoirs publics la priorité des Maliens : manger à leur faim.

« Les infrastructures d’accord, le ventre d’abord » . Ce slogan de l’UNTM, affiché au pied du monument de l’Eléphant sur l’avenue Cheikh Zayed, le 1er mai 2009, journée commémorative de la fête des travailleurs, résume toutes les difficultés qu’a le prolétaire malien à satisfaire l’un des cinq besoins essentiels de la vie : la nourriture.

Dans son Programme de développement économique et social (PDES) sur la base duquel il a été réélu pour un dernier mandat, ATT a fait de la sécurité alimentaire son combat. Mais, ce combat est loin d’être gagné, car manger à sa faim au Mali demeure encore un souci permanent pour la majorité des travailleurs qui ploient sous le joug de la vie chère.

Cette cherté se caractérise par une augmentation des prix des denrées de première nécessité, notamment du sucre, de la viande, des céréales. Le sucre consommé par de nombreux Maliens a connu en fin de semaine dernière une hausse de 25 F CFA sur certains marchés de la capitale. Cette hausse est aussi à craindre pour les céréales surtout à l’orée de l’hivernage et donc de la période de soudure.

Le rappel des pouvoirs publics par l’UNTM à travers le slogan ci-dessus n’est pas un fait du hasard. Il résulte de l’échec des politiques préconisées jusque-là par les autorités en matière de sécurité alimentaire, mais aussi de leur propension à croire que les infrastructures sont une fin en soi.

Des exonérations accordées à des commerçants importateurs, en passant par la mise à disposition de la population du riz à moindre coût dans de magasins témoins, « l’Initiative riz »… Toutes ces mesures n’ont pas contribué à épargner le portefeuille du travailleur d’une saignée financière, mais se sont révélées être des filons juteux pour des opérateurs économiques et agents de l’Etat qui se sont enrichis sur le dos des Maliens.

Le 3e pont de Bamako, le 2e hôpital sur la rive droite, la cimenterie de Diamou, l’usine d’assemblage de tracteurs, les nouvelles routes, la Cité administrative… sont certes des infrastructures dont le Mali peut se vanter et qui peuvent contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la population. Mais encore faudrait-il que la population mange d’abord à sa faim pour ensuite penser à ce qui n’est que du « clinquant » à côté d’un besoin naturel et nécessaire : manger et boire à sa faim.

Le Mali peut assurer son autosuffisance alimentaire pourvu qu’il y ait plus de volonté politique de la part des pouvoirs publics, plus de transparence dans l’attribution des terres et un accès facile au crédit agricole et un peu moins de libéralisme, c’est-à-dire que l’Etat contrôle les prix ne serait que ceux des denrées alimentaires que sont les céréales.


Denis Koné

06 Mai 2009