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Dans le cadre de la recherche d’une solution durable au problème agricole au Mali, une conférence-débats intitulée <> a été organisée au Centre Djoliba par la direction dudit centre le samedi 21 juin dernier.

Elle a été animée par El Hadj Modibo Samba Diakité, ingénieur agronome et agro-économiste en retraite en présence Mme la Commissaire à la Sécurité Alimentaire et beaucoup de chercheurs agronomes du pays.

Pourquoi une révolution verte

Dans son exposé, M. Diakité a défini la révolution verte comme étant la bonne technique qui a eu lieu en agriculture au cours de la période 1944-1970 à la suite des progrès scientifiques et techniques enregistrés entre les deux guerres.

Après le Mexique, cette révolution aura fait des succès en Asie dont les principaux enseignements portaient sur l’intervention volontariste des Etats et l’appui conséquent de la Banque Mondiale et de la Banque Asiatique pour le Développement. A cela, il faut ajouter la mise en oeuvre efficiente de la politique de subvention à l’achat des intrants, et l’application des mesures visant à garantir un revenu régulier aux producteurs agricoles.

Compte tenu de ces étapes franchies par les pays d’Asie, qui se classent aujourd’hui parmi les pays à autosuffusance alimentaire, voire exportateurs de riz, le Mali, qui est à présent confronté à une crise alimentaire récurrente, selon le conférencier, doit engager une grande révolution durablement verte, cela en dépit d’une conjoncture nationale caractérisée par une pauvreté généralisée en milieu rural, une forte dégradation des ressources naturelles.

Cette situation a contribué à mettre en cause la performance agricole au Mali. Cependant, selon l’ingénieur agronome, l’analyse succinte des atouts permet l’accomplissement d’une grande révolution durablement verte au Mali.

Cette analyse donne une place prépondérante à l’ardeur au travail, à la réceptivité, à l’innovation du paysan Mali, en plus de la disponibilité en ressources en eau, en sol, en ressources forestières, pastorales et de la biodiversité.


Des contraintes au développément de l’agriculture

A cela s’ajoute la disponibilité des Energies renouvelables avec l’existance d’une Loi d’Orientation Agricole qui demande une application concrète. En dépit de ces atouts multiples, le conférencier n’a pas manqué de souligner certaines contraintes du développement agricole du Mali.

Ces contraintes sont d’ordre internes et externes. Elles comportent les contraintes institutionnelles, environnementales ou naturelles et les contraintes en interactions dynamiques au niveau de l’exploitant agricole. A la suite, face à ces multiples pésanteurs, qui pèsent lourd à présent sur la production agricole au Mali, le conférencier et les chercheurs ont recommendé quelques stratégies en vue de l’accomplissement de cette révolution agricole au Mali.

Ces stratégies passent par le poids des subventions agricoles, l’appui à la généralisation des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, l’amélioration de la production paysanne et la maîtrise des coûts de production au niveau de l’exploitation agricole par une réduction graduelle volontariste de la part des intrants importés.

Il a ensuite mis l’accent sur la promotion durable, la capacité contributrice de la zone contonnière Mali-Sud à la sécurité alimentaire du Mali-sud et enfin l’instauration d’une culture d’intégrité au niveau des organismes chargés de la gestion de soutiens agricoles.

Les participants, tous convaincus de l’exposé et influencés par la pertinence de l’ordre du jour, ont fait des critiques et suggestions à travers ces débats faisant tous allusion à des propositions de sortie de crise alimentaire, vers une autosuffisance alimentaire du pays et une agriculture de marché.

Ousmane BERTHE (Stagiaire)

23 Juin 2008