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Face aux risques alimentaires, écologiques, climatiques voire sécuritaires qui mettent en danger l’équilibre fragile de la planète, Mali Bio Energie entend apporter des réponses pratiques et viables autour de trois piliers (économique, social et environnement) afin de changer le rythme d’utilisation des ressources. Pour ce faire, la société Mali Bio Energie a opté sur l’agri énergie en Afrique à partir du jatropha curcas (pourghère) dont l’huile extraite des graines est un biocarburant transformable par transestérification en biodiesel.

La bioénergie, selon Philippe Poitevin, le responsable de ladite société, « est une réponse à la demande des marchés en énergie renouvelables. Là où il y a des terres, du soleil, du vent et des agriculteurs, la bioénergie ne doit pas être négligée« .

Mali Bio Energie est une société de développement durable qui agit en faveur d’un modèle économique, social, environnemental viable durable et équitable en facilitant l’accès à une énergie propre et renouvelable.

Il s’agit d’un projet agro-industriel destiné à la production de carburant vert ou biocarburant à partir de l’huile extraite de la graine du Jatropha appelé Pourghère en Afrique. Il s’agit de créer des modèles de cultures mixtes systématiquement associées au Jatropha curcas et destinées soit à l’alimentation, à la cosmétique ou à la pharmacologie.

Créée en octobre 2006, la société Mali Bio Energie a installé sa première unité en 2007 en zone Office du Niger. Selon Philippe Poitevin, le responsable de la société basé à Marker, la vieille cité ouvrière, l’unité se matérialise en trois points. Le premier concerne la culture de Jatropha et cultures mixtes associées. A ce niveau, Philippe Poitevin a confié que son équipe teste actuellement diverses densités pour les plantations.

Le deuxième point traite de la mise en place d’une huilerie pour le pressage des graines et d’une unité de production de biodiesel.

Enfin, le troisième point touche le paysannat et il consiste à promouvoir la culture du Jatropha auprès des agriculteurs locaux et assurer le rachat des graines ainsi produites. A en croire Philippe Poitevin, les plantations sur 50 hectares et la production de graines ont commencé et la mise en place de l’huilerie est prévue pour premier trimestre 2009.

« Sous l’impact de notre action, plusieurs kilomètres de haies vives et quelques dizaines d’hectares sont en cours de plantation pour l’hivernage 2009 par les agriculteurs de l’Office du Niger ou se situe notre unité. Avec la culture du Jatropha, le Mali va produire l’équivalent de sa consommation en gasoil. En tant que pays enclavé, le coût d’importation annuel en hydrocarbures au Mali a frôlé la barre des 196 milliards de F CFA en 2007.

Ainsi, le marché des énergies renouvelable y est prometteur car les terres ne manquent pas et le Jatropha appelé Pourghère en Afrique y est présent depuis très longtemps. Dans ces conditions, la bioénergie apparaît comme une réponse à la demande des marchés en énergie renouvelable. Là ou il y a des terres, du soleil, du vent et des paysans, la bioénergie ne doit pas être négligée« .

En conclusion, Philippe Poitevin a soutenu qu’ « à ce jour, Mali Bio Energie ne bénéficie d’aucune subvention ou d’aide matérielle de la part d’un gouvernement ou des organisations internationales ou de privés qui semblent pourtant prôner les actions en faveur de la lutte contre les méfaits du changement climatique ».


Alassane DIARRA

17 Décembre 2008