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Sous la présidence du chef de l’Etat, Ibrahim Boubacar Keïta, le Mali a abrité la deuxième réunion des ministres francophones de l’Enseignement supérieur sur l’Initiative pour le développement du numérique dans l’espace universitaire francophone (Idneuf). Après l’ouverture des travaux, le 17 juin à Koulouba, les participants ont examiné les conditions de financement du numérique dans l’espace francophone.

Le développement du numérique, une opportunité pour nos universités, est un mouvement auquel le Mali ne veut pas rester en marge. Après la première réunion sur le développement du numérique dans l’espace universitaire francophone, appelée «Première Initiative» en 2015 à Paris, c’est Bamako qui était à l’honneur pour abriter la deuxième initiative.
Face aux nombreux défis auxquels font face le monde, où les connaissances se diffusent en grande partie par le numérique, il est impératif d’inscrire nos pays dans ce mouvement de fond. Pour ce faire, il est, de fait, devenu essentiel de développer la capacité de nos systèmes d’enseignement à fournir des services de qualité et de former la communauté universitaire à faire le meilleur usage possible des ressources numériques, estiment les plus hautes autorités du Mali.

La promesse du président IBK
Dans son intervention, le Président de la République s’est honoré du choix porté sur notre pays pour abriter cette deuxième réunion car, constituant une marque de confiance et d’estime à notre égard. En louant les atouts du numérique, le Président IBK dira que les technologies de l’information et des communications (TIC) permettent de dépasser les limites jusque-là imposées à nous dans plusieurs directions d’activités, grâce aux nombreuses opportunités techniques et économiques qu’offrent l’ubiquité, la mobilité, l’action en temps réel, le niveau, la qualité et le prix réduit des services, ou les facteurs favorisant les économies d’échelle, etc. Dans un tel contexte, poursuivra-t-il, les pays africains font face à deux problèmes fondamentaux : le problème de l’appropriation efficace d’une technologie en constante évolution et celui de la maîtrise même du développement des TIC.
En ce qui concerne le Mali, le Chef de l’Etat affirmera que nous répondrons sans doute, avec plus d’efficacité, aux défis de la formation de nos étudiants qui sont de plus en plus nombreux, aux défis de leur insertion professionnelle dans la vie courante, ainsi qu’aux défis mêmes de la compétitivité et de la croissance de nos économies. Car, explique-t-il, le numérique, apparaît comme un moyen de facilitation de l’accès à la formation, de mutualisation des connaissances, de libre accès au savoir et de valorisation des expertises. A cet égard, précise-t-il, le Mali s’est doté d’une stratégie nationale pour le développement de l’économie numérique appelée « Plan Mali numérique 2020 » comprenant six axes prioritaires à savoir: Généraliser l’accès aux réseaux et services numériques ; développer la production et l’offre des contenus numériques ; développer les usages et les services numériques ; développer l’industrie locale du numérique ; constituer le capital humain; et instaurer la confiance numérique.
Aussi, ajoute IBK, l’utilisation du numérique dans les universités maliennes sera-t-elle effective grâce aux nombreux projets en cours ou en perspective, grâce à l’appui inestimable de nos partenaires techniques et financiers engagés dans le secteur de l’enseignement. «Concrètement, dès la rentrée prochaine, sera mis en œuvre le projet « Doniya, un étudiant-un ordinateur », promettra le Président IBK.
Pour sa part, le ministre de l’Enseignement supérieur, Mountaga Tall martèlera que le développement du numérique est un enjeu fondamental pour nos systèmes universitaires et les défis à relever sont titanesques. Tout de même, il reste confiant quant à l’atteinte des objectifs fixés. «En venant à Bamako pour lancer notre Meta-portail et discuter des moyens de financer notre initiative commune, vous témoignez de votre détermination à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés», souligne le Ministre Tall.

La proposition de Michaelle Jean
La Secrétaire générale de la Francophonie, Michaelle Jean, indiquera que le numérique constitue un atout pour parvenir à la réalisation du quatrième Objectif de développement durable: il s’agit d’assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie. «Avec le lancement, ce 17 juin, du meta portail réalisé par l’Agence universitaire de la francophonie, je suis donc fière de dire aujourd’hui que c’est une réponse de taille que l’espace francophone apporte à ces défis cruciaux», argumentera-t-elle.
Pour elle, face au défi du chômage structurel qui touche principalement la jeunesse de tous les continents, le numérique s’avère être un formidable levier pour l’implication citoyenne de ces jeunes, l’apprentissage de compétences professionnelles et techniques qui soient garantes de leur accès à l’emploi. Partant, la Très Honorable Michaelle Jean mettra l’accent sur la richesse d’Idneuf qui permet, sur un vaste répertoire à travers la Francophonie, de trouver des ressources pour se former et enseigner; d’accéder à des guides d’utilisation; de mettre en œuvre le numérique dans son institut; d’identifier une formation et de contacter l’institution qui la propose et de consulter un agenda d’événements sur le numérique.
Pour rendre plus utile le numérique, elle propose une formation à la pédagogie. Car de nombreux chercheurs en conviennent, les nouvelles technologies transforment radicalement notre rapport au savoir et à la transmission des connaissances. A cet égard, estime-t-elle, il faut guider les jeunes internautes vers la citoyenneté les réseaux les plus radicaux.
Face à ces enjeux, dit la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, la formation à ces nouveaux outils est indispensable.
En consultant le meta portail, elle dit avoir appris qu’une première campagne de collecte de ressources donne déjà accès à ce jour à près de 40 000 ressources numériques d’enseignement produites principalement par la France, le Québec, la Tunisie, le Maroc, le Cameroun, le Sénégal, le Liban, le Burkina Faso, l’Egypte, le Mexique.
C’est considérable, se réjouit Michaelle Jean. «Demain, ce sont des centaines de milliers de ressources qui seront disponibles, issues de tous les horizons de la Francophonie.

Je plaiderai dans ce sens auprès de nos Etats membres afin que soit diffusée cette information au sein des réseaux académiques locaux.
Car ces échanges, c’est la promesse, vous en conviendrez, de la découverte de territoires inconnus.
En toute réciprocité : des chercheurs de Montréal ou de Bruxelles qui se nourriront des travaux de doctorants de Yaoundé ou de Kigali; des universités de Chisinau et de Tunis qui collaboreront à une co-diplomation, etc.
C’est d’ailleurs dans ce même esprit que l’OIF et ses opérateurs ont, dans le cadre de la mise en œuvre des trois stratégies thématiques de la Francophonie, portant respectivement sur le numérique, la jeunesse et l’économie, intégré les Technologies de l’information et de la communication, appliquées à l’enseignement et à la formation (TICE), comme élément structurant de leurs actions de coopération et de développement dans l’espace francophone », déclarera-t-elle.
S’agissant de la représentante du ministre français en charge de l’Enseignement supérieur, Simone Bonafous, elle a salué le Ministre Tall pour la bonne organisation de la présente réunion. Ce sommet de Bamako, affirme-t-elle délivre des messages de remerciement, de solidarité et de retour du Mali dans le concert des grandes nations. Il prouve la capacité de mobilisation du Mali après 3 années de crise. A l’en croire, le numérique est un véritable atout pour l’équilibre du monde. Car, il permet l’accès à une éducation de qualité pour tous et accroit la capacité d’accueil des universités tout en permettant de diversifier les offres de formation.
Faut-il le rappeler, la réunion a été sanctionnée par la déclaration ci-dessous.

Oumar KONATE

Le Prétoire du 20 Juin 2016