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Dans le souci de développer les régions du Nord du Mali, l’Agence de développement du Nord (ADN) et le Programme pour la paix, la sécurité et le développement des régions Nord-Mali (PSPDN) ont été mis en place par l’Etat et les PTF. Les réalisations sont en train d’être sabotées par des bandits armés sans foi ni loi.

Créée par l’ordonnance n°12 P-RM du 17 mars 2005 des cendres de l’Autorité du développement intégré du nord-Mali (Adin), l’Agence de développement du Nord (ADN) a pour mission d’impulser le développement socio-économique des régions de Tombouctou, Gao et Kidal à travers, entre autres, la consolidation et le parachèvement de la mise en œuvre du Pacte national.

Le Forum de Kidal, tenu en mars 2007, avait instruit à l’ADN la réalisation d’un nombre important de projets dans les 3 trois régions du Nord. Le programme proprement dit de la réinsertion est prévu en deux phases, pour réinsérer 10 000 jeunes, 4000 pour Kidal, 6000 pour Tombouctou et Gao. « La réalisation de cet ambitieux programme devrait permettre de soustraire les jeunes au désœuvrement et d’éviter qu’ils se fassent enrôler dans les activités gravissimes du genre banditisme, criminalité et trafic de drogues ».

Sur les 546 milliards que prévoit le Forum de Kidal, les PTF et l’Etat ont mobilisé plus de la moitié. Le directeur général de l’ADN, Mohamed Ag Mohamoud, a affirmé dans une sortie que « le plaidoyer devra se poursuivre ». Toutefois l’arbre ne doit pas cacher la forêt. L’ADN, malgré les difficultés financières, a tout de même posé des actes dans la réinsertion socioéconomique des jeunes.

Tirant le bilan des réalisations de sa structure, le DG de l’ADN indiquait que jusqu’en 2010, l’ADN a pu réaliser 13 retenues d’eau, des forages équipés de pompes solaires, des puits à grand diamètre. S’agissant du volet micro finance, une quinzaine de caisses de micro finance ont été implantées à Tombouctou, Gao et Kidal.

Et de poursuivre que sur le volet réinsertion socioéconomique des jeunes, l’ADN a financé des centaines d’emplois dans des secteurs comme le commerce général, l’artisanat, le transport… La dernière mission d’inspection du directeur de l’ADN, effectuée en fin mars 2011, a permis de constater la bonne santé des projets financés. « Nous avons senti et l’enthousiasme et l’engouement des jeunes autour du programme de l’ADN ».

Outre l’ADN, l’Etat et les partenaires (l’UE et le Danemark) ont lancé début 2011 un nouveau Programme pour la paix, la sécurité et le développement des régions Nord du Mali (PSPDN). Le PSPDN est un projet d’urgence destiné à opérer une jonction entre la situation actuelle de risques sécuritaires et la reprise des actions de développement dans le Nord du Mali.

Ce Programme cherche à assurer une présence de l’administration publique, d’encadrer, de protéger et d’assister les populations des zones sensibles. « Ce projet de deux ans, sera le fusil d’épaule du Mali dans la lutte contre l’insécurité et le terrorisme ». Financé à hauteur de 32 milliards de F CFA, il ciblera les communautés de base, les sites de fixation des populations déplacées.

Si l’initiative est susceptible de fournir une réponse adéquate aux défis de l’heure, la problématique de sa durée est sujette à controverse. Et pour cause, la zone en question a été pendant trop longtemps laissée à la merci d’AQMI et des narcotrafiquants lesquels semblent désormais bien installés et nullement disposés à céder le terrain aussi facilement.

Depuis quelques années, le Nord du Mali est confronté à un problème d’insécurité galopante. Et ce sont les efforts de l’Etat malien et des PTF qui sont en train d’être sapés par des bandits armés qui détruisent toutes les réalisations, dont les nouveaux chantiers.

Amadou Sidibé

09 Mars 2012