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Pays pauvre, soumis à des aléas climatiques sévères, héritier de trois décennies de marasme politique et économique, le Mali apparaît sur la scène internationale comme leur l’un des pays les plus défavorisés de la planète.

L’évolution économique et sociale récente invite cependant à nuancer le tableau sombre que l’on pourrait être tenté de brosser pour mettre en avant les progrès qui ont été amorcés.

Les chantiers de l’ouverture démocratique

Depuis l’instauration d’un régime démocratique en 1991, de nombreux chantiers ont été ouverts pour redresser l’économie nationale mais aussi impulser un processus de développement social à l’échelle du pays et de sa mosaïque de population.

La politique de décentralisation engagée en 1994 constitue ainsi le cadre de réalisation d’un ensemble de programmes: santé, scolarisation, lutte contre la pauvreté, emploi, aménagement urbain désenclavement du pays, implantation d’unités industrielles de transformation des produits locaux.

Les résultats de ce plan de redressement commencent à être perceptibles. Le Mali fait partie, avec le Burkina Faso et la Guinée, des trois pays ayant connu la progression la plus nette du produit national brut par habitant, alors que cet indicateur y était en baisse au cours de la période précédente. Le poids du service de la dette sur les revenus de l’exportation a été divisé par trois entre 1990 et 2001 et le Mali se trouve en tête de classement quant à cet indicateur.

C’est aussi le pays qui a connu la plus nette augmentation du taux net de scolarisation primaire au cours de la décennie en valeur absolue et en valeur relative. Enfin le Mali affiche, par rapport à ses voisins, l’accroissement le plus élevé de l’Indicateur de Développement Humain (IDH) dans les domaines de la santé, de scolarisation et du niveau de vie. Conjointement à l’amélioration de la situation socio-économique, les progrès réalisés se perçaient aussi dans le climat social du pays.


L’investissement des populations locales

L’investissement des populations dans le projet scolaire, le ralentissement de l’émigration internationale, la stabilité politique et le fonctionnement régulier des institutions démocratiques sont autant d’éléments qui attestent du réengagement des populations dans un projet national. Ce climat de confiance est un atout dont le pays aura bien besoin pour poursuivre son développement.

Les défis restent nombreux. Les progrès accomplis sont loin d’avoir permis un réel décollage économique; ils ont permis de réduire les écarts socio-économiques avec les pays environnants, de s’attaquer au retard accumulé mais pas de le résorber.

La poursuite, sinon l’accélération de la dynamique de développement engagée nécessitera une mobilisation forte et un investissement public d’autant plus important qu’il s’applique à une population en phase de croissance rapide.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

09 Juillet 2008