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Le 1er décembre 2008, la ville de Kita a connu une animation particulière. Dès les premières heures de la matinée, enfants, jeunes, femmes et personnes âgées, ont pris d’assaut la place de la tribune de Kita. Tous voulaient être témoins de l’évènement du jour : le lancement par le ministre Mme Diallo Madeleine Bah du PADEPA-KS. Griottes de Kita, joueurs de balafons et de tam-tam et même la très respectée confrérie des chasseurs, avaient fait le déplacement pour apporter leurs notes à la réussite de l’évènement. C’est donc dans une ambiance de jour de fête que madame le ministre et sa suite ont pris place à la tribune de Kita. Boly Keita, maire de Kita a rappelé que la zone cible du projet est très propice à l’activité d’élevage.

Selon lui, malgré ce potentiel, les populations de la zone ne tiraient pas un grand avantage de l’élevage, pour la simple raison que l’activité ne bénéficiait pas d’un encadrement adéquat. « Nous populations de la zone de Kayes sud sommes désormais convaincus qu’avec ce nouveau projet l’encadrement sera à la hauteur des attentes », a-t-il déclaré. Avant d’engager toutes les populations à ne rien négliger pour la réussite des activités du projet. Pour sa part, le représentant des éleveurs de Kita, après avoir salué l’Etat et ses partenaires pour l’initiative de la mise en place d’un programme qui va appuyer le développement de l’élevage, a engagé tous les éleveurs et autres bouchers à tout mettre en œuvre pour la réussite du projet. En sa qualité de coordonateur du projet, Dr.

Ousmane Traoré a rappelé que la zone d’intervention du projet couvre les cercles de Kéniéba, Bafoulabé, Kita et la partie sud du cercle de Kayes. Selon lui, dans toute cette zone, l’élevage joue un grand rôle dans la vie des populations. Cependant, il a estimé que le développement de l’élevage y est confronté à des problèmes du genre : réduction de l’espace pastoral, difficultés dans le domaine de la valorisation des produits animaux, insuffisance d’infrastructures de commercialisation, faiblesse des investissements et difficultés d’accès au crédit. Pour Dr. Traoré, c’est dans le souci d’apporter des réponses appropriées à ces contraintes qu’a été élaboré le présent projet. « La zone de Kayes Sud, encore enclavée, dispose de ressources agro-sylvo-pastorales importantes. Elle constitue une zone de développement tant pour l’élevage sédentaire que pour l’élevage transhumant », a-t-il déclaré. Avant d’indiquer que la pression croissante sur les ressources naturelles et la mauvaise gestion des axes de parcours du bétail sont des menaces qui s’ajoutent aux difficultés de systèmes d’élevage extensifs. « Le Projet d’appui au développement des productions animales dans la zone de Kayes Sud entend contribuer à l’intensification des systèmes d’élevage adaptés au contexte de la zone d’intervention et à lutter contre la pauvreté rurale », a-t-il déclaré. Avant d’annoncer que le projet dans cette zone de Kayes Sud permettra d’atteindre les principaux résultats que sont : Le renforcement des capacités en direction de 49 communes prioritaires et de 126 organisations de producteurs, la mise en place d’un réseau de 8 mandataires privés et de 160 auxiliaires villageois, la couverture vaccinale et l’appui-conseil de proximité touchant 35 000 éleveurs, la promotion d’activités d’embouche bovine et ovine au niveau de 800 bénéficiaires, la promotion d’activités d’amélioration génétique en direction de 200 exploitations, l’appui à des investissements productifs en direction de 120 associations et groupements féminins, l’aménagement concerté de 400 Km d’axes de transhumance, la réalisation de schéma d’aménagement du territoire et de plan communal d’action environnementale au niveau de 12 communes.

Pour sa part, Mme Diallo Madeleine Bah, ministre de l’élevage et de la pêche, a rappelé que le Mali est un pays de tradition agro-pastorale où l’élevage joue un rôle économique, social et culturel important. Selon elle, ce sous secteur contribue à hauteur de 11% au Produit intérieur brut et constitue la troisième filière d’exportation, après l’or et le coton. « Il représente la principale source de revenu pour environ 30% de la population malienne », a-t-elle déclaré. Avant de révéler qu’avec plus de 8,1 millions de bovins, 23 millions d’ovin et caprins, 850 000 camelins et 30 millions de volailles, le Mali se classe parmi les grands pays d’élevage de l’Afrique subsaharienne.

Malgré ce potentiel, elle a estimé que les productions animales restent à un niveau modeste. Et le ministre a son idée sur les raisons de cette faible performance du cheptel. Selon elle, ce sont : l’insuffisance quantitative et qualitative des ressources alimentaires, notamment pendant la saison sèche, le potentiel génétique limité des races autochtones et la présence de certaines maladies du bétail. « Pour lever ces contraintes, mon département a élaboré plusieurs projets et programmes dont le projet d’appui au développement des productions animales dans la zone de Kayes Sud », a-t-elle déclaré.

Elle dira que le PADEPA-KS s’articule autour des priorités de développement définies dans le cadre stratégique pour la croissance et la réduction de la pauvreté et la politique nationale de développement de l’élevage au Mali, adoptée en 2004 par le gouvernement. Selon elle, sa mise en chantier traduit la volonté des autorités à faire du sous-secteur de l’élevage, un levier promoteur de croissance économique durable et une source importante de création d’emplois et de revenus. « La mise en œuvre du PADEPA contribuera de façon significative, au développement des productions animales, avec une production additionnelle de 1 700 tonnes de viande et 2 millions de litres de lait par an », a-t-elle déclaré.

Assane Koné

03 décembre 2008