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 » Comment passer d’une économie basée sur une agriculture de subsistance à une économie agro-industrielle à forte valeur ajoutée  » ! C’était le thème de réflexion soumis au CPI il y a six mois.

Une problématique qui a conduit les groupes de travail à mener la réflexion sur le système financier, les infrastructures et les ressources humaines, la bonne gouvernance… Des propositions « audacieuses et originales » ont été ainsi faites dans tous les domaines afin de mettre le pays sur l’orbite de son décollage agro-industriel.

Ce premier exercice avait pour but « d’élaborer un plan cohérent de développement vers une économie agro-industrielle ». Les résultats sont satisfaisants puisque le Chef de l’Etat, en clôturant la session, n’a pas manqué de mettre en évidence « l’originalité et l’audace des propositions ».

Le président ATT s’est surtout félicité de la pertinence du lien établi entre le développement de l’agriculture et celui des mines et du tourisme. « Cette connexion est en phase avec notre volonté de faire de l’agriculture le moteur de notre économie en misant sur la capacité d’entraînement du secteur primaire malien », a reconnu le président de la République.

Par rapport à l’exploitation de nos immenses potentialités agricoles, il est prévu que le plan quinquennal de valorisation de la filière coton soit élaboré avec la participation de tous les partenaires afin de susciter le consensus autour des options politiques, des actions préconisées et des programmes à élaborer. Les immenses travaux d’aménagement agricole seront poursuivis à Diré (région de Tombouctou) afin d’accroître la production du blé dans cette localité.

Des réalisations dont la viabilité économique sera renforcée par la construction de la route Nioro-Diré-Tombouctou. Une voie qui aura le mérite de désenclaver la localité et de faciliter l’écoulement de sa production agricole, celle du blé particulièrement.

Revaloriser le statut du paysan
Les conseillers ont aussi préconisé un soutien conséquent à la culture de contre-saison au niveau de l’Office du Niger ainsi que dans d’autres périmètres irrigués (Manincoura, Sélingué, etc.). Il est aussi indéniable que les efforts, jusque-là consentis, au développement du secteur agricole doivent êtres complétés par l’installation de jeunes et par la mise à contribution des compétences maliennes de l’étranger. Cela permettra de renforcer la rentabilité des exploitations agricoles.

Pour ce faire, le Chef de l’Etat a conseillé la valorisation de l’image du paysan à l’école, l’augmentation des opportunités de formation en milieu rural, le soutien à la formation professionnelle et le renforcement des structures d’appui à la satisfaction de ce besoin.

« L’amélioration de l’offre et de l’accès au financement constituent également un facteur incontournable de succès », a précisé Amadou Toumani Touré. En vrai capitaine d’industrie, il a exhorté les institutions financières nationales « à faire preuve d’un engagement plus dynamique aux côtés des opérateurs économiques avec un intérêt plus marqué pour l’agriculture ».

Le tourisme, un atout indéniable
Ces dernières années, les actions et les initiatives se sont multipliées pour mettre en valeur la « destination Mali ». Des efforts qui commencent à porter leurs fruits. Mais, il est évident qu’elles seront davantage efficaces quand elles seront présentées dans un plan de promotion (marketing et communication) cohérent. En effet, comme l’a souligné le président de la République, en ce moment « elles auront les retombées positives dans ce secteur où notre pays a des atouts spécifiques ».

L’environnement sociopolitique, économique, juridique et culturel est très important dans une politique visant à favoriser l’investissement dans le pays. Il est beaucoup lié à la bonne gouvernance et au renforcement de l’autorité de l’Etat. Les recommandations sont assez pertinentes pour inciter le président ATT à les qualifier de « feuille de route » de la réalisation de notre rêve d’épanouissement agro-industriel. Il a instruit au gouvernement de veiller à leur approfondissement en collaboration avec les structures responsables de leur exécution et avec les partenaires au développement du pays.

L’approbation des partenaires
La satisfaction n’est pas seulement nationale car nos partenaires, face à la pertinence des solutions préconisées, ont renouvelé leur engagement aux côtés du Mali pour traduire les recommandations en actes concrets de développement. C’est ainsi que le Groupe Aga Khan est très déterminé à appuyer des projets de micro-finance dans certaines zones dites difficiles.

Tout comme la CFAO a l’ambition de contribuer au renforcement des capacités afin de développer les exploitations agricoles de l’Office du Niger. La Banque Mondiale et d’autres institutions financières se disent prêtes à accompagner l’exécution des recommandations des groupes de travail du CPI qui vient ainsi de s’ouvrir la voie vers la réalisation de ses ambitions.

Aïssata Bâ

23 Mars 2005