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Toujours prompts à plaire ou à préserver quelque prébende, ils ne se sont même pas donné la peine de décortiquer le document qui, à bien des égards, crée des supers citoyens à la prédestinée affirmée dans une République où la grande majorité, pour survivre, doit nécessairement rattraper le diable aux fins de lui tirer la queue.

Les insurgés n’ont-ils pas obtenu, à travers l’accord, la promesse d’une plus grande présence dans la haute fonction publique (gouvernement), l’armée, la diplomatie, un conseil régional provisoire, un fonds spécial d’investissement, une armée parallèle, etc. ? Est-ce cela le souhait de partis démocratiques de voir une cloison étanche entre des citoyens d’un même pays ?

Est-ce le rôle d’un parti politique de cautionner les attaques contre des camps ? Or, l’accord d’Alger absout des concitoyens qui s’en sont pris à notre armée, à ses installations et à ses équipements, donc à l’intégrité du territoire. Vous avez dit parjure ?

Est-il du devoir d’un parti de pardonner à des hommes qui violentent, violent, tuent… gratuitement ? Le 23 mai, de nombreux Maliens ont eu une pensée émue pour leurs frères attaqués. Les partis qui avalisent l’accord peuvent-ils démontrer que l’émotion de l’opinion publique était feinte ?
En réalité, ce sont certains hommes mal inspirés qui sabordent l’action politique en décidant des positions saugrenues. Leur attachement sans réserve à l’accord d’Alger est de celles-ci, c’est-à-dire de nature à davantage élargir le fossé entre eux et les populations qui ne comprennent pas. D’où leur bouderie avec les urnes à l’occasion des consultations électorales.

A. M. T. /Les Echos

17 juillet 2006