Partager

Devant les députés européens, réunis en session plénière mardi, le président de la République, Ibrim Boubacar Keïta, a demandé que « cessent les interférences » ainsi que « le romantisme vis à vis des Touaregs qui ne fait pas avancer les choses »

jpg_une-2410.jpgRéunis en session plénière mardi, les députés européens ont reçu le président de la République qui a tenu à leur dire ses vérités sur la gestion de la crise au nord du Mali. IBK a d’abord assuré que son gouvernement allait « respecter les engagements » de « bâtir un Etat digne de ce nom, qui soit une réelle démocratie ». « Nous serons comptables de chaque centime » de l’aide de plus de trois milliards d’euros promise par la communauté internationale. « Pour la corruption, c’est tolérance zéro », a-t-il souligné avant d’indiquer que la « relance des projets de développement » était « une urgence absolue ».

Concernant la priorité donnée à « la réconciliation nationale » avec les populations du nord du pays, il a demandé que « cessent les interférences » ainsi que « le romantisme vis à vis des Touaregs qui ne fait pas avancer les choses ». « Le gouvernement a pris la pleine mesure » en créant un ministère de la Réconciliation nationale, qui « n’est pas un gadget » et en préparant « un plan de développement accéléré du Nord, qui permettra de corriger les déséquilibres » entre les régions maliennes, a déclaré M. Keïta.

Le chef de l’Etat a par ailleurs « félicité » François Hollande pour « le courage » d’avoir décidé l’intervention militaire française en Centrafrique. « Je félicite François Hollande pour cette marque de courage qu’il a prise pour stopper le carnage en République centrafricaine », a déclaré IBK devant la presse, après s’être exprimé devant le Parlement européen à Strasbourg. Il s’est « incliné devant la mémoire » des deux soldats français « tués en mission » dans la nuit de lundi à mardi à Bangui. « Chez nous aussi, de jeunes Français ont donné leur vie pour que le Mali soit libre aujourd’hui.

Nous ne serons pas ingrats », a-t-il rappelé. Soulignant « la solidarité » de la France, M. Keïta a regretté « l’incapacité africaine à résoudre les problèmes africains en Afrique ». « Nous payons aujourd’hui le prix » d’avoir « toléré pendant longtemps des régimes qui n’étaient pas démocratiques » a-t-il conclu.

YC

L’Indicateur du Renouveau du 11 Décembre 2013