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La polémique autour de la dette intérieure du Mali fait rage aujourd’hui entre le Parena et le président de la République. Lors d’une conférence de presse, le 4 juin dernier, le parti du bélier blanc révélait qu’à la fin du mois de mai 2008, le trésor public malien enregistrait une dette intérieure de plus de 100 milliards de Fcfa.

« Non, c’est 80,5 milliards, répond ATT, lors de sa traditionnelle conférence d’anniversaire, le 8 juin ». Dans un communiqué de presse, le Comité Directeur du Parena persiste : « soit le Chef de l’Etat n’est pas informé, soit il est très mal informé ».

Profitant du cadre de sa traditionnelle conférence de presse organisée à l’occasion du 8 juin, date anniversaire de son investiture, le président Amadou Toumani Touré a annoncé publiquement devant la presse nationale et internationale que contrairement à certaines allégations, la dette intérieure de l’Etat n’est que de 80,5 milliards de F Cfa.

Un démenti qui ne dit pas son nom et qui a fait réagir vigoureusement le Comité directeur du Parena.

Ce dernier dans un “communiqué de presse sur l’An I du second mandat d’ATT” daté du 10 juin et déposé à notre rédaction maintient non seulement le chiffre de 100 milliards de F Cfa avancé, mais donne plus de détails encore : «sur la crise financière et de trésorerie, soit le chef de l’Etat n’est pas informé, soit il est très mal informé».

Il ressort du communiqué de presse du Parena que «le chiffre de 80,5 milliards annoncés comme dette intérieure de l’Etat est erroné». Pour preuve, le Parena se veut plus précis :
«La dette intérieure du pays était, en fin mai 2008 de 150 milliards de F Cfa, dont 50 milliards dus aux sociétés minières.

Les 100 milliards restants, c’est ce que l’Etat doit à ces entrepreneurs qui s’écroulent, à ces commerçants qui ferment boutique, etc., c’est ce manque d’argent frais qui rend la vie si difficile!

En plus de ces 150 milliards, l’Etat est endetté auprès de quelques banques de la place pour soixante-dix milliards de F Cfa (70 000 000 000 F Cfa)». Cette réponse du berger à la bergère montre le manque de transparence qui entoure la gestion des fonds publics.

Le Comité directeur du Parena ne s’est pas contenté de répliquer à ces seuls propos du président de la République. Les dossiers brûlants de l’heure qui ont retenu l’attention des hommes de média au cours de ladite conférence de presse ont aussi été passés en revue.

C’est ainsi que sur le conflit au Nord-Mali, «le Parena s’étonne que le président de la République, tout en décidant de laisser l’armée jouer son rôle régalien, entend gérer la crise du Nord en cercle restreint, en vase clos, presque clandestinement, et dans tous les cas, à l’exclusion des partis politiques».

Dans son communiqué de presse, le Parena réitère sa position que seule la synergie de toutes les forces vives de la nation peut venir à bout de la rébellion au Nord. Et d’ajouter «encore une fois, ce n’est pas qu’une question militaire ou de militaires».

Sur l’école, le Comité directeur du Parena estime qu’«il n’y a ni école, ni évaluations, ni compositions et examens sans enseignants».

Persister dans l’erreur en faisant faire le travail des enseignants par des «faisant fonction» est préjudiciable pour l’école du Mali qui n’a que trop souffert de l’incurie des gouvernants, fera savoir le Comité directeur.

L’instance dirigeante du parti du bélier blanc exprime encore une fois son inquiétude sur un forum sur l’école où les syndicats enseignants brilleraient par leur absence.

Sur la vie chère, le Comité directeur fera remarquer qu’aucune disposition particulière n’est prise pour endiguer la montée du prix des denrées de première nécessité.

Ainsi, révéla-t-il, le prix plafond annoncé du riz, soit 310 F Cfa est largement dépassé, le kilo se vendant à 375 F Cfa.

Quant à l’initiative riz qui a occupé peu de place dans la communication présidentielle, le Comité directeur du Parena estime que «sentant l’échec de l’opération inévitable, le chef de l’Etat en fait de plus en plus une affaire du seul Premier ministre… la défaite est décidément orpheline».

En définitive, conclut le Parena «le pilotage à vue caractérise la gouvernance au Mali tandis qu’aucune disposition adéquate n’est prise pour endiguer la paupérisation croissante de la population».

Birama Fall

12 Juin 2008