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La semaine du 12 au 19 octobre 2008 a été décrétée semaine mondiale d’action contre la dette et les institutions financières internationales. Elle est placée sous le thème d’«une souveraineté alimentaire et financière pour une justice climatique et économique». Elle a été célébrée par CAD-Mali, à travers une série de conférences.

Le 14 octobre, la dette et la privatisation étaient au centre d’une conférence débat organisée à la Faculté des sciences juridiques et politiques. La dette et la crise alimentaire seront débattues le 19 octobre 2008 à Nossombougou, localité située à 63 Km de Bamako. En prélude à cette semaine d’action, la CAD-Mali a animé une conférence de presse, le samedi 11 octobre 2008.

Mme Barry Aminata Touré, Présidente de la CAD-Mali a déclaré que la semaine d’Action Mondiale a été initiée par «les campagnes Dette» pour dénoncer les politiques développées par les institutions financières internationales, les conditionnalités liées à ces politiques et leurs conséquences sur le développement des pays du sud. «Pendant cette semaine, des centaines de réseaux et d’organisations du monde sont mobilisés pour organiser diverses activités pour dénoncer les décideurs de la Banque mondiale, du FMI, du G8 et de nos gouvernements, pour qu’ils reconnaissent leurs responsabilités vis-à-vis du problème de la domination par la dette et leur rôle critique dans les crises alimentaire et climatique», a-t-elle affirmé. Elle a estimé qu’actuellement le contexte mondial se caractérise par une crise financière et alimentaire sans précédent.

Selon elle, cela montre à suffisance le caractère pervers des politiques néolibérales développées par ces institutions, pour perpétuer l’exploitation et la domination des pays du sud par ceux du nord. «La Banque Mondiale et le FMI sont les instruments d’application de ces politiques», a-t-elle déclaré. Avant de dire que cette crise financière et alimentaire se manifeste par le phénomène de la cherté de la vie et la précarité. « Cela a pour conséquences le manque d’accès aux services sociaux de base tels que l’éducation, la santé et l’eau potable, et une alimentation saine et équilibrée”.

Mme Barry Aminata Touré a annoncé que la semaine d’action de cette année va clairement réclamer que les décideurs du monde prennent des décisions pour annuler ou arrêter les paiements de toutes dettes illégitimes et le financement des projets et politiques qui accélèrent le changement climatique. A son avis, les mouvements sociaux à travers le monde vont dénoncer le fait que le fonds d’investissement climatique de la Banque mondiale et les autres programmes sur le climat soient sous le contrôle de la banque mondiale et des autres institutions financières internationales.

La Présidente de la CAD-Mali a estimé que la dette et ses conditionnalités empêchent les programmes d’investissement à garantir l’éducation scolaire des enfants, l’accès aux soins médicaux, la sécurité et la souveraineté alimentaire et la protection de l’environnement et les changements climatiques.

«La faim dans le monde et le croissant impact du changement climatique sont des symptômes dramatiques du problème persistant de la domination des pays du Nord à travers la dette», a-t-elle déclaré. Avant d’indiquer que chaque année, des centaines de millions de dollars de prêts sont utilisés pour financer des projets qui sont destructeurs de l’environnement, qui accélèrent le changement climatique et qui empêchent les communautés d’avoir accès à une alimentation saine et équilibrée.

Mme Barry a révélé que les prêts consentis par les institutions financières internationales sont payés par les fonds publics, mais ne profitent qu’aux multinationales alors que leurs remboursements affectent les communautés.

«Les institutions financières internationales comme la Banque Mondiale et le FMI sont responsables des dettes illégitimes et les politiques et les projets néfastes liés à ces dettes», s’est-t-elle révoltée. Avant de révéler que dans un discours tenu le 9 octobre 2008, M. Robert B. Zoellick, Président de la Banque Mondiale, l’un des responsables concepteurs de ces politiques destructives, a annoncé que 44 millions de personnes de plus souffriront de malnutrition cette année par suite du renchérissement des prix alimentaires.

Et pire, Mme Barry dira qu’il a ajouté que les pays déjà victimes de l’envolée des prix alimentaires et de carburants risquent maintenant de voir également leurs exportations, échanges commerciaux et taux d’investissement décliner en raison de la mondialisation des troubles financiers.


Assane Koné

17 Octobre 2008