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Dans le cadre de la semaine mondiale d’action contre la dette et les institutions financières internationales, la Coalition des alternatives africaines, dette et développement Mali (CAD-Mali-) entend mener diverses parades dans ladite semaine s’étendant du 12 au 19 octobre.

Cette information était au centre d’une conférence de presse tenue le samedi dernier au siège de l’ONG sis à Djélibougou. Elle était animée par Mme Barry Aminta Touré, la présidente du CAD-Mail.

CAD-Mali, un mouvement pour la défense des droit des peuples

CAD-Mali est un mouvement populaire qui regroupe des associations, des syndicats, des ONG. Elle vise la défense des droits des peuples, la résistance au système néolibéral et à faire des propositions d’alternatives. Elle est héritière de la campagne jubilé 2000, lancée en 1998 pour réclamer l’annulation totale et inconditionnelle de la dette des pays du tiers monde.

Depuis la fin de cette campagne en 2000, CAD-Mali s’est engagée à poursuivre le même combat qui a suscité un réal espoir pour les populations des pays du sud, victimes des politiques néolibérales. Depuis lors, en dépit des immenses efforts déployés par les mouvements sociaux d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, d’Asie sur cette thématique de la dette, les institutions financières internationales (Banque Mondiale et Fonds Monétaire International) depuis, réagissent par des effets d’annonces d’annulation, de la dette.

Les timides allègements consentis au titre de l’Intiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) ne sont en fait qu’un moyen de pérenniser le système de l’endettement. L’initiative sur la dette multilatérale n’a pas donné d’effet. Dès lors, CAD-Mali organise chaque année une semaine d’éducation populaire afin d’accroître sa capacité de mobilisation en faveur de l’annulation totale et inconditionnelle de la dette pour libérer le développement.

Des centaines de réseaux à travers le monde

Pour la présidente de CAD-Mali, la semaine d’action mondiale a été initiée par les campagnes dette pour dénoncer les politiques développées par les Institutions financières internationales, les conditionnalités liées à ces politiques et leurs conséquences sur le développement des pays du sud.

Ainsi, des centaines de réseaux et organisations du monde entier sont mobilisés pour organiser diverses activités pendant la semaine pour dénoncer l’épineuse question de la dette, de la crise alimentaire et des changements climatiques.

Actuellement le contexte mondial se caractérise par une crise financière et alimentaire internationale sans précédent, montrant à suffisance le caractère pervers des politiques néolibérales développées par ces institutions pour perpétuer l’exploitation et la domination des pays du sud par ceux du nord. La Banque mondiale et le FMI sont les instruments d’application de ces politiques.

Cette crise financière et alimentaire se manifeste par le phénomène de la chèreté de la vie et la précarité. Cette situation a pour conséquence le manque d’accès aux services sociaux de base, tel que l’éducation, la santé et l’eau potable etc.

Les thèmes de la semaine

A en croire la présidente de CAD-Mali, Mme Barry Aminata Touré, les thèmes tels que : la dette et la crise alimentaire, la dette et la privatisation, la répudiation de la dette, la dette, les instiutions financières internationales et le changement climatique, les actions pour la souveraineté alimentaire, les actions contre la pauvreté seront développées.

En même temps, CAD-Mali va réclamer entre autres : l’annulation ou l’arrêt des paiements de toutes les dettes illégitimes, l’arrêt du financement de projets et de politiques qui accélèrent le changement climatique; combattre le fait que le fonds d’investissement climatique de la banque mondiale et les autres programmes sur le climat soit sous contrôle de la banque mondiale et des autres institutions financières internationales.

L’arrêt des prêts finançant des programmes climatiques, le paiement des restitutions et réparations de la dette historique et écologique détenues par le sud. Respecter les droits des migrants et d’autres personnes qui sont déplacées comme conséquences de la dette, et des crises alimentaires et climatiques.


Les effets négatifs de la dette et ses conditionnalités

Dans l’exposé de la présidente, il ressort que la dette et ses conditionnalités empêchent les programmes d’investissement à garantir l’éducation scolaire des enfants, l’accès aux soins médicaux, la sécurité , la souveraineté alimentaire, la protection de l’environnement et les changements climatiques.

La faim dans le monde et le croissant impact du changement climatique sont des symptômes dramatiques du problème persistant de la domination des pays du nord à travers la dette.

Chaque année, des centaines de millions de dollars de prêts sont utilisés pour financer des projets qui sont destructeurs de l’environnement, qui accélèrent le changement climatique et qui empêchent les communautés d’avoir accès à une alimentaire saine et équilibrée.

Les prêts consentis par les gouvernements sont payés par des fonds publics, mais ne profitent qu’aux multinationales alors que leurs remboursements affectent les communautés. Les institutions financières internationales comme la Banque Mondiale, et le FMI, sont responsables des dettes illégitimes et des politiques et les projets néfastes liés à ces dettes.

Au cours de cette semaine d’action, CAD-Mali prévoit deux conférences populaires sur les thèmes: <<dette et privatisation>>, le 14 octobre à la faculté des sciences juridiques et politiques à 15h et <<dette et crise alimentaire>> dans la commune rurale de Nionssombougou à 63 km de Bamako, le 19 octobre.


Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

14 Octobre 2008