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Depuis l’inculpation et son incarcération dans un lieu tenue secret le mercredi 27 novembre 2013 d’Amadou Haya Sanogo, les enquêtes sur la disparition des bérets rouges le 30 avril 2012 évoluent vite. Son arrestation a été suivie de celle d’une vingtaine de militaires soupçonnés d’être impliqués dans l’affaire. Lui-même sera transféré vers une autre localité.

La fin de la semaine dernière a été alimentée par des rumeurs faisant état de la libération de M. Amadou Haya Sanogo. Contactées par nos soins, les sources proches du dossier affirment qu’il bave sous les verrous depuis le jour de son inculpation et son placement sous mandat de dépôt. Pour des mesures de sécurité, ont-ils ajouté, les autorités judiciaires et militaires ont en commun accord décidé de transférer le nouveau locataire de l’école nationale de la gendarmerie de Faladié vers une autre destination. Cela après son audition qui a duré 3 heures d’horloge environ. Cette audition a abouti à l’arrestation d’une vingtaine de militaires, d’autres étaient en cours au moment où nous mettions sous presse. Pour l’instant, afin de ne pas entraver le cours de l’instruction, nous avons volontairement gardé l’anonymat des inculpés et ceux qui le seront bientôt. Mais ce qu’il faudrait retenir, c’est que parmi les militaires arrêtés, il y a de grosses pointures, et d’autres qui sont jusque-là considérés comme des saints seront entendus très prochainement dans cette affaire.

Faut-il le souligner, l’inculpation d’Amadou Haya Sanogo pour enlèvement et complicité d’enlèvement de personnes ne concerne que l’affaire de disparitions des bérets rouges qui auraient tenté un contre coup d’Etat le 30 avril 2012. Il est aussi soupçonné d’être le commanditaire des tortures, assassinats et disparition des mutins du 30 septembre 2013. A ce sujet, les organisations internationales de droits de l’homme ont déposé une plainte pour que lumière soit faite sur ce dossier également. C’est donc pour dire que les jours à venir pour l’ex homme fort de Kati ne seront pas roses.

De toutes les façons, les autorités maliennes sont résolument engagées à faire toute la lumière sur les évènements du 30 avril 2012 et s’apprêtent à ouvrir une procédure judiciaire en ce qui concerne la mutinerie du 30 septembre 2013 au camp Soundiata de Kati. Pour prouver cela à l’opinion nationale et internationale, les autorités du Mali ont empêché hier 1er décembre la marche de protestation des pro- Sanogo à Bamako.

Oumar KONATE

Le Prétoire du 2 Décembre 2013