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Après la mort programmée de nos vaillants officiers par le régime ADEMA, c’est maintenant le tour du matériel militaire. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, maître d’œuvre de cette sale besogne, a donné le ton de ce qu’on pourrait appeler la mise à sac de notre armée. Il a procédé la semaine dernière, avec la complicité de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la Stabilité au Mali (MINUSMA), à la destruction des missiles dits obsolètes.

Rien de surprenant de la part des hommes de l’ADEMA- mère, même s’ils sont aujourd’hui dispersés entre différents partis politiques. Dès leur arrivée au pouvoir en 1992, les responsables de l’ADEMA, parti qui a dirigé le Mali durant dix ans (1992-2002), avaient dans leur agenda caché la dissolution de l’armée malienne. Ils voulaient, par cette liquidation de l’armée malienne, confier la sécurité du pays aux forces de sécurité (police, gendarmerie, garde nationale). Raison invoquée : l’armée fomente des coups d’Etat.

Pour parvenir à leurs fins, l’élimination des officiers, qui pouvaient mettre en échec leur plan machiavélique de dissolution de l’institution pour laquelle ils avaient tout donné, a été programmée.

A commencer par la mort tragique du groupe du commandant Siaka Koné en septembre 1993. La série noire ne s’est malheureusement pas arrêtée à ces officiers dont leur mort a plongé tout un peuple dans la consternation.
En 1995, de retour de Moscou, où ils étaient partis réparer un avion, les vingt- un officiers dont Aimé Christoph ont trouvé Diarra en Grèce.

En 1995, ils ont radié 800 gendarmes.

Quand les plus avertis ont commencé à s’interroger sur ces morts suspectes, le régime ADEMA a changé de fusil d’épaule. Les plus craints des officiers ont été envoyés dans des ambassades, loin de leurs troupes.

Pour caser les autres, c’est-à- dire, ceux qui n’ont pas eu la chance d’être nommés dans les représentations diplomatiques, on a créé dans des ministères des postes de Haut fonctionnaire de défense.

Après la liquidation des ressources humaines de l’armée, le régime des démocrates- prédateurs a mis le cap sur le matériel. Ils ont mis le feu au dépôt de munitions de Kati en 1996. Le couronnement de cette destruction de l’armée malienne a été atteint en avril 1996 par la Flamme de la Paix. Des milliers d’armes du Mali ont partis en fumés.

En 1999, lors de la journée mondiale de lutte contre les mines anti- personnel, une quantité importante des mines du Mali a été détruite par le régime l’ADEMA sous l’œil vigilant de Boutros- Boutros Gali, fraîchement élu à la tête de la Francophonie. La liste est loin d’être exhaustive.

Si des années après, les mêmes hommes du régime ADEMA- mère reviennent avec leur plan de dissolution de notre armée, il n’y a rien de surprenant. D’autant plus qu’ils bénéficient du soutien de la France à travers la MINUSMA.

Ce n’est pas aujourd’hui, on pourra nous faire croire que les missiles dont dispose le Mali sont obsolètes. Pourquoi le ministre Boubèye n’a-t-il dit cela depuis 2000, année pendant laquelle il a dirigé ce département ?
Fort du soutien des forces d’occupation, le ministre Maïga a procédé à la destruction de ces missiles. Il profitera de cette protection pour parachever le plan de l’ADEMA qui consiste à détruire notre armée pour la mettre à la disposition qui compte privatiser les armées africaines dans les années à venir.

Y.S

22 Avril 2014