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Trente prisonniers parmi les hommes de Amadou Diallo

Les affrontements entre l’armée malienne et les hommes de Amadou Diallo, leader du Mouvement d’auto-défense «Gandaïso» qui ont eu lieu, le mardi 16 septembre dans le village de Fafa, cercle d’Ansongo, se sont soldés, selon des sources concordantes, par l’arrestation de 30 personnes, réputées être membres du mouvement d’auto-défense. De même, un important lot de matériels de guerre composés de fusils-mitrailleurs, de PM, des grenades, des mortiers…

Dans notre précédente parution, dans un article intitulé : «l’armée a attaqué hier la base de «Gandaïso» à Fafa : des morts, des blessés, des déplacés et le cheptel en fuite», nous annoncions l’affrontement entre les deux camps et surtout la résistance de l’enfant du terroir, Amadou Diallo.

Eh bien ! Ce digne fils de Fafa reste introuvable. Malgré les moyens utilisés par l’armée nationale, Amadou Diallo et ses hommes n’ont pas capitulé. Cependant, l’armée a fait trente prisonniers dans leurs rangs. De même, elle a pu, nous a-t-on dit, récupérer un arsenal de guerre, composé de plusieurs catégories de fusils (fusils-mitrailleurs, PM) de grenades et de mortiers.


Les éléments de l’armée sont toujours autour de la mare, non loin de la base de «Gandaïso» complètement détruite.

Il nous est revenu, de source militaire, que plusieurs combattants de «Gandaïso» ont préféré jeter les armes en leur possession dans ce marécage plutôt que de les laisser récupérer par le camp ennemi.

Le leader de ce mouvement d’autodéfense n’a, semble t-il, pas dit son dernier mot. Il pourrait réapparaître à tout moment et frapper très fort. Ceux qui le connaissent le créditent de pouvoirs surnaturels. C’est maintenant que le vrai maquis commence pour lui. Il pourrait surprendre en faisant pire que le criminel Bahanga, en passant par la guérilla. Toute chose, dont le pays, déjà suffisamment endeuillé, n’a pas besoin. Il urge donc que l’Etat malien tende la main à ce natif de Fafa pour régler ce malentendu de façon pacifique.

Il est incompréhensible qu’au moment où le gouvernement multiplie les contacts à Alger avec les bandits armés de Kidal afin de pacifier cette région que ce même gouvernement privilégie l’option de la force avec un groupuscule d’individus. Qui dit vouloir défendre sa communauté contre les exactions des Bahanga, Fagaga et autres bandits qui volent les bétails des Peulhs tout au long de la frontière maliano-nigérienne.

Le Mali pluriel a besoin de tous ses enfants de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud. Les Couloubaly, les Kéïta, les Touré, les Maïga, les Arabes, les Touareg et autres Dogons sont tous de ce grand pays depuis la nuit des temps. Le brassage ethnique et la richesse de cette diversité culturelle constituent le soubassement de la nation malienne, vieille de deux mille ans. Que ni les bandits armés de Kidal, ni «Gandaïso» ne devraient œuvrer à ruiner. Place donc au dialogue ! A suivre.

Chahana Takiou

18 Septembre 2008