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Faute d’accord, les partis se réclamant de l’opposition ont quitté la salle. L’objet de l’entrevue n’était point de choisir les individus devant occuper les sièges, mais plutôt la formule idoine de la distribution des cartes du jeu.

La question était simple, car, il s’agissait de savoir comment trouver un terrain d’entente entre les grands regroupements, les petits, les partis non regroupés et l’opposition. Sur le registre des grands regroupements, il y a l’ARD, Espoir 2002 et dans une moindre mesure l’ACC.

Le plus petit regroupement est le Mouvement volontariste pour le Développement (MVD) du Pr. Younouss Hamèye Dicko. Dans le camp des non regroupés il y a entre autres l’URD, tandis que les partis politiques, constitués par le Bara, le PCSAM, le Morena, le PUDP et le FASO, se réclame de l’opposition.

Dès le départ, les débats ont été tendus pour des principes méthodologiques. Ainsi fusaient des propositions de solution pour la répartition des dix sièges. Les grands regroupements ont fait presque front contre les autres en proposant 3 sièges pour l’ARD ; 3 pour Espoir 2002 ; ACC, MVD, non regroupés et opposition chacun 1.

Cette proposition n’a pas eu l’aval des autres. C’est alors que l’ACC a sollicité que les regroupements comme ARD, Espoir 2002 et ACC lui-même aient chacun 2 sièges, alors que les autres se contenteront d’un siège pour chaque entité.

Pour étayer leur proposition, les représentants de l’ACC ont estimé que lors des communales de 2004, une espèce de solidarité avait prévalu et les grands regroupements avaient accepté de revoir leurs ambitions à la baisse.

D’autres propositions avaient été faites mais celles qui retiennent l’attention viennent de l’opposition dont les membres ne parlaient pas de la même voix, du moins au début. Certains de leurs délégués, ceux qui ont eu à faire la première proposition du camp, ont demandé 8 sièges pour la majorité et 2 pour l’opposition.

C’était sans compter sur la détermination de leurs « frères d’armes » qui s’accrochaient dur comme fer aux textes de la nouvelle loi électorale. Celle-ci stipule qu’il y ait « les dix membres désignés par les partis politiques suivant une répartition équitable entre les partis politiques de la majorité et ceux de l’opposition« .

Malgré les tours de passe-passe en coulisse, entre deux pauses, les négociations traînaient, chacun campant sur sa position. Comme si elle avait cédé à l’essoufflement dû à la lenteur de l’évolution des débats qui ont duré de 16 h à 21 h, l’opposition s’est retirée de la salle en déclarant qu’elle ne reviendra que lorsqu’elle sera remise dans ses droits.

Les travaux ont cependant continué malgré cette politique de la chaise vide de l’opposition. Finalement, les autres ont trouvé un modus-vivendi en adoptant la proposition de l’ACC, à savoir 2 sièges respectivement pour Espoir 2002, l’ACC, l’ARD et non regroupés ; l’opposition 1 siège et MVD 1.

Même si l’opposition a boycotté la suite des travaux en estimant qu’un siège est une portion trop congrue, il n’est pas exclu qu’elle accepte dans le meilleur des cas, cette décision qui a fait l’unanimité à son absence.

Au pire, elle court droit vers la division car en son sein il y a comme une petite querelle de légitimité. En effet, pour les premiers animateurs de l’opposition, les derniers de leur camp apparaissent comme un cheveu dans la soupe. Et une surprise du genre « on nous a trahis » risque de les diviser définitivement.

Soumaïla T. Diarra

15 septembre 2006.