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Face à l’absence de consensus, l’élection des membres du conseil de quartier à Kalabancoura suscite déjà des contestations et s’achemine vers le vote pour départager les deux tendances. L’impartialité du 1er adjoint au maire de la Commune V, Ibrahima Dioné, est en cause.

Le vendredi 27 juin 2008 était la date initialement retenue pour l’élection des membres du conseil de quartier à Kalabancoura en Commune V. Mais à la surprise générale des populations qui avaient, à l’occasion massivement pris d’assaut la marie du quartier devant abriter la cérémonie, l’élection, pour des raisons décriées à Kalabancoura, n’a finalement pas eu lieu.

A Kalabancoura, dans la mouvance de la mise en place du conseil de quartier, deux tendances se sont dégagées, la tendance de la chefferie, c’est-à-dire de la famille fondatrice de Kalabancoura et la tendance de Massa Coulibaly, précédemment 1er adjoint de Tahirou Traoré, chef de quartier décédé le 9 mars 2007.

Les deux tendances, à l’issue de plusieurs rencontres, ne sont pas parvenues à un consensus, d’où leur recours à l’application de l’arrêté ministériel déterminant les modalités de désignation des membres des conseils de village, de fraction et de quartier.

Cet arrêté dans son article 6 stipule que « lorsque les procédures traditionnelles ne sont pas établies ou connues et si un consensus s’avère difficile à obtenir, il sera procédé à un vote à main levée ».

La tendance de la chefferie qui semble bénéficier de la voix de la majorité de la population accuse le 1er adjoint du maire de la Commune V Ibrahima Dioné chargé de coordonner l’élection, de favoriser son adversaire.

« M. Dioné sait bel et bien que si les élections avaient eu lieu le vendredi dernier, on allait l’emporter haut la main, mais à la dernière minute il a appelé, sans faire lui-même le déplacement, pour reporter les élections au profit de son protégé Massa Coulibaly », accuse un des fils du défunt chef de quartier.

Rapproché par nos soins, M. Dioné nie en bloc ses accusations qui, selon lui, relèvent souvent de la mauvaise compréhension des textes. Il explique que ceux qui sont chargés d’élire les membres du conseil sont les chefs de famille qui ont été recensés. Par conséquent, les chefs de famille recensés et regroupés au sein du collège mis en place par la mairie sont les seuls conviés aux élections.

Dans le cas précis de Kalabancoura, le 1er adjoint maire de la Commune V déplore la forte mobilisation des populations, ce qui n’était pas nécessaire, car contribuant, selon lui, à mettre les élections sous tension. Ibrahima Dioné jure que la priorité pour la mairie et pour le gouvernorat est de rapprocher les deux tendances pour obtenir un consensus.

« Le jeudi, à la veille des élections, j’ai convié les chefs de file des deux tendances pour savoir oû se situe exactement le point de discorde, mais à la dernière minute le représentant de la chefferie qui a souhaité auparavant consulter ses personnes ressources avant les négociations n’a pas répondu à l’appel », rappelle M. Dioné qui révèle aussi que la tendance de la famille fondatrice de Kalabancoura exige à ce que les anciens conseillers soient exclus de la course.

Pour notre interlocuteur, la désignation des membres du conseil de Kalabancoura ne peut pas se dérouler dans ces conditions. Selon nos sources, le gouverneur du district, qui a été saisi du dossier, entend personnellement s’investir dans la recherche d’une issue heureuse.

Le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, face à des contraintes liées, notamment à la désignation des membres des conseils de quartiers, a dernièrement décidé du renouvellement du mandat des conseillers de quartiers. Mais avec des contestations qui prévalent à Kalabancoura certains pensent qu’une sensibilisation des populations doit être faite pour ne pas retourner à la case départ.
Amadou Waïgalo

Des « Bob(ards) » ?

Robert Mugabe, qui étrennait sa « réélection » à Charm el-Cheikh au dernier sommet de l’Union africaine, a affirmé qu’aucun de ses « pairs » ne peut le regarder dans les yeux pour contester son maintien forcé à la tête du Zimbabwe. Concédons à Robert alias Bob Mugabe que, pour une fois, il ne raconte pas que des « Bob(ards) ». Retrouvant sa hargne juvénile, il a tout bonnement demandé aux Occidentaux « d’aller se faire pendre » parce qu’il tient son pouvoir de Dieu.

Souvenez-vous que pour se succéder à lui-même au Kenya plus proche, Mwaï Kibaki a fait siffler « la trompette de Bilali », occasionnant la mort de près d’un millier de ses compatriotes.

Après ce massacre en règle de ses militants, son adversaire, Raïla Odinga, a joyeusement accepté le poste de Premier ministre dans le cadre d’un partage du pouvoir, orchestré par l’Occident, qui a des intérêts évidents au Kenya. Ce n’est pas un « Bob(ard) » !
Il y a bientôt 2 ans, Olusegun Obasanjo a superbement ignoré le suffrage populaire, en se faisant remplacer à la tête de l’Etat fédéral du Nigeria par un certain Umaru Yar’Adua, alors quasi-inconnu au bataillon. Sans « Bob(ard) » !

Au Cameroun, Paul Biya, qui ne voit ses ministres qu’aux présentations des vœux de nouvel an, à plus forte raison son peuple, s’est taillé une Constitution sur mesure qui lui garantit la présidence à vie.

Tout comme nombre de ses pairs (Bongo Ondimba, Conté, Déby Itno, Compaoré…) Et ce n’était certainement pas Hosni Moubarak, hôte du dernier sommet de l’UA et à qui l’on prête l’intention de se faire remplacer par son fils, qui pouvait donner le la au héros de la lutte d’indépendance au Zimbabwe. « Fou gooto ! » (tous pareils en pular). Sans « Bob(ard) » !

Mais où étaient donc l’Occident et l’UA quand les chefs d’Etat en Afrique de l’Ouest, candidats à un second mandat, se sont octroyé des pourcentages qui défient toute logique mathématique et le bon sens tout court dès les 1ers tours de scrutins a priori indécis ? Est-ce ces dirigeants qui pouvaient, sans « Bob(ard) », faire la leçon à Mugabe dont le péché aux yeux des Occidentaux est la réforme agraire, qui a vu des Blancs « locaux » dépossédés de leurs « terres » ?

Que non ! Les cas kenyan et zimbabwéen vont dorénavant faire des émules en Afrique. A défaut de pouvoir tripatouiller les constitutions, des chefs d’Etat sortants auront toute la latitude d’imposer au fer leurs successeurs aux peuples tourmentés du continent, berceau de l’humanité, terre de dialogue « armé », d’amour de « Judas » de son prochain… histoire de sauver leurs arrières. D’ailleurs qui est fou pour laisser sa juteuse place de président tout puissant à ses adversaires ?

Ce ne sont pas des « Bob(ards) », c’est plutôt la triste réalité d’un continent qui n’est plus « mal parti » ou « qui refuse le développement », mais qui se meurt. Le monde nous regarde avec condescendance et rit sous cape par la faute de ceux qui pensent encore que leur pouvoir est d’essence divine. Mais là ce n’est plus un « Bob(ard) », c’est un blasphème qui mérite une fatwa !

A. M. T.

07 Juillet 2008