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L’honorabilité, le sens de la mesure et l’utilitarisme semblent être des critères auxquels doivent satisfaire les aspirants aux responsabilités de chef de quartier.

Face au quasi-mutisme des textes, les candidats aux fonctions de chef de quartier doivent pourtant satisfaire des préalables, qui vont de la promptitude à réagir à l’utilitarisme, c’est-à-dire à « mouiller le maillot », en initiant des actions d’intérêts communs, en passant par la respectabilité et l’abnégation…

Le bon chef de quartier est celui qui aplanit les difficultés, qui concilie et réconcilie les uns et les autres et qui ne néglige aucune action qui va dans le sens de l’apaisement et de la quiétude au sein de sa communauté. Généralement, et sauf faute grave, on est chef de quartier à vie.

Autrefois presque héréditaire, la désignation aujourd’hui des chefs de quartier ne fait, semble-t-il, plus l’unanimité. El hadj Moussa Touré, chef de quartier de Médina-Coura et coordonnateur des chefs de quartier du district de Bamako : « Il y a évidemment un mode de désignation des chefs de quartier. Mais il n’y a pas d’unanimité là-dessus même si nous tenons beaucoup de réunions sur la question. Notre tutelle est le ministère de l’Administration territoriale et des Collections territoriales. Pour le moment, je m’en tiens à cette explication ».

« C’est un rapport d’information qui nous lie aux chefs de quartier. On les convoque souvent à nos réunions pour les tenir informer », précise Oumar Sangaré, chargé de communication au département de l’Administration territoriale et des Collectivités locales.

Mais, à en croire Mme Sy Hawa Traoré, secrétaire générale de la mairie de la Commune III, les mairies, en principe, travaillent étroitement avec les chefs de quartier qui servent de relais entre elles et les populations. « Ils sont les représentants de l’autorité à la base. S’il y a un problème dans leurs quartiers, ils doivent informer les maires qui ont l’obligation d’intervenir dans l’intérêt général ».

S’agissant du mode de désignation, Mme Sy rappelle que ce sont les conseillers d’un chef de quartier sortant par exemple qui font la proposition au maire. Celui-ci fait examiner cette proposition à son tour par ses principaux collaborateurs avant d’en référer au gouverneur du district ou de la région. « Il peut arriver qu’un maire rejette la proposition des conseillers de quartier. Mais un tel cas, à ma connaissance, ne s’est jamais présenté », ajoute la secrétaire général de la mairie de la Commune III.

Comme on le voit, c’est beaucoup plus le consensus, basé sur les qualités humaines et morales d’un « candidat » qui, en l’occurrence, importent le plus. La désignation d’un chef de quartier n’est donc pas à proprement parler le résultat de quelque scrutin que ce soit. Et une fois désignée, la personne, sauf cas de force majeure, reste à vie en poste.

Cependant, l’on ne peut qu’avoir le sentiment que la décentralisation, qui signifie retour du pouvoir à la base, ait ignoré le quartier qui reste malgré tout le point de départ du développement local.

Faut-il, tout en garantissant le libre choix des résidents et les qualités requises, entrevoir la possibilité d’organiser des scrutins locaux mettant aux prises plusieurs candidats défendant des projets de développement pertinents ?

L’expérience mérite peut-être d’être tentée.

A. M. T.

(avec S. D.)

27 Juin 2008