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Un étudiant malade arrêté et détenu au troisième arrondissement

Les étudiants des Facultés des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP) et des Sciences Economiques et de Gestion (FSEG) sont, depuis le mercredi 10 septembre, dans la rue.

Si pour les premiers, les raisons avancées résident au niveau du paiement des neufs mois d’arriérés de bourses plus les bourses de vacance, pour ceux de la seconde faculté, le motif est l’arrêt partiel de la tenue des examens de la deuxième année. Cette situation s’est envenimée avant-hier lors de l’assemblée générale convoquée par les comités AEEM de ces deux facultés pour informer leurs militants. Ainsi, la rencontre a été réprimée par les forces de l’ordre. Au cours de cet accrochage, un étudiant malade, selon le comité AEEM de la FSJP, a été bastonné, arrêté et détenu au Commissariat du troisième arrondissement.

Suite à l’arrestation d’un des leurs par les éléments du troisième arrondissement, le comité AEEM de la Faculté des Sciences Juridique et Politique (FSJP) avait pris d’assaut hier la devanture du Commissariat du troisième arrondissement pour être au chevet de leur camarade malade. Cette arrestation est survenue, selon le Secrétaire Administratif, lorsque ce dernier se rendait à l’hôpital pour une consultation quand les policiers l’ont confondu avec les manifestants.

Il a rappelé que ces manifestations ont commencé, depuis le mercredi 10 septembre, suite au retard constaté dans l’organisation des examens de fin d’année et des travaux dirigés, le non-paiement des bourses d’études de neuf mois et des bourses de vacances. Il a averti que si son camarade n’est pas libéré, le Comité ne manque pas de moyens pour se faire entendre. Il a, cependant, apprécié le geste du ministre des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, le Pr Amadou Touré.

En effet, selon la version du ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, cette Faculté accuse un retard sur le paiement des bourses d’études de neuf mois et des bourses de vacances. Ce retard, de l’avis du département, est dû au fait que les dossiers n’ont pas été établis à temps par la Direction qui, à son tour, transmet au Centre National des Œuvres Universitaires (CNOU). Mais au moment de notre passage, le département a confirmé qu’il a proposé de payer trois mois d’arriérés avec les bourses de vacance, une proposition catégoriquement rejetée par les étudiants.

Pour le département, le dossier est au niveau du Trésor, mais l’argent disponible pourra payer les six mois d’arriérés de bourses ainsi que les bourses de vacances. Car, le reliquat après les six mois de liquidité disponible s’élève à environ 1, 4 milliard de FCFA. A ce niveau, le département est en train de tout faire pour trouver une solution rapide à ces problèmes.

Pour la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FSEG) les étudiants ont purement et simplement refusé de faire les examens car les salles initialement programmées à l’immeuble Tomota ont finalement été laissées de côté parce que le contrat signé avec le gouvernement a pris fin au profit des amphithéâtres des autres facultés. Cette décision a été mal prise par les étudiants qui jugent que ces salles ne sont pas appropriées pour la tenue des examens.

Face à cette résistance, l’administration a envoyé les professeurs en congé pour un mois en attendant que les étudiants ne viennent à de meilleurs sentiments.

Ramata TEMBELY

17 Septembre 2008