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Le sommet de Cotonou dont le thème, très d’actualité, portait sur le développement rural et la sécurité alimentaire.
Les travaux du dixième sommet des chefs d’État et de gouvernement des pays de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) se sont achevés mercredi au Centre international de conférences de Cotonou par des conclusions extrêmement positives, a jugé notre ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, au sortir du huis-clos qui a précédé la clôture des travaux du conclave.

Les chefs d’État et de gouvernement se sont dit très préoccupés par la crise alimentaire à laquelle le monde entier est confronté et dont les conséquences les plus visibles dans l’espace CEN-SAD se manifestent notamment au niveau des populations rurales les plus vulnérables. Ils ont néanmoins confirmé,

dans une Déclaration sur la crise alimentaire et le financement des programmes d’investissement dans le secteur agricole rendue publique à la fin des travaux de la session, que l’une des voies pour vaincre la crise alimentaire et atténuer les effets des changements climatiques dans l’espace communautaire, passera par la réhabilitation et la gestion durable des terres.

Ils ont, par conséquent, insisté sur la nécessité d’installer des stratégies durables pour garantir le sécurité alimentaire et jugé indispensable d’axer, de manière individuelle et collective, les efforts sur l’amélioration des politiques agricoles et la gestion des terres et de l’eau dans l’espace communautaire.
Les chefs d’État et de gouvernement ont aussi discuté de la mise en oeuvre au cours de la période 2008-2010 du programme de la « grande muraille verte » au Sahel et au Sahara.

Ce programme vise à promouvoir les actions de lutte contre la désertification et le développement socio-économique des zones vulnérables à travers notamment des actions de reforestation, de conservation et de restauration des ressources naturelles.

Ce programme, faut-il le rappeler, a été conçu au plus haut niveau politique de l’Afrique pour répondre à une préoccupation majeure du continent : les effets conjugués de la dégradation du milieu rural naturel et de la sécheresse. Il a été adopté par la 7ème Conférence des leaders et chefs d’État de la CEN-SAD tenue à Ouagadougou (Burkina Faso) en juin 2005 et constitue, dès lors, un des programmes prioritaires majeurs de la communauté.

Conformément aux recommandations des instances, différentes investigations ont été menées par le secrétariat général de la CEN-SAD en étroite collaboration avec certains États membres et l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS). Elles ont permis de confirmer le bien-fondé de l’initiative, d’esquisser le concept et les modalités opérationnelles de sa mise en œuvre.


Allouer des terres arables.

Le sommet de Cotonou dont le thème, très d’actualité, portait sur le développement rural et la sécurité alimentaire, a permis de renforcer une démarche entamée dès janvier 2004 au Burkina, au Mali, au Niger au Tchad et au Soudan. Celle-ci consistait à améliorer de manière durable la productivité, la production et les moyens d’existence des exploitations familiales notamment les plus vulnérables en renforçant et en élargissant leur accès aux innovations agricoles.

La première composante de ce programme ambitionne, dans une première phase qui court à l’horizon 2015, de renforcer au sein de la communauté l’accès à cette innovation d’un nombre significatif d’exploitations familiales et d’initier une approche de programme de sécurité alimentaire constituée de quatre composantes que sont la maîtrise des eaux et la mise en valeur des terres, l’intensification durable de la production végétale, la diversification durable de la production et l’analyse des contraintes socio-économiques.

La deuxième composante vise, en relation avec la thématique de la sécurité alimentaire et de la lutte contre la pauvreté, la construction d’une plate-forme de partenariat et de financement en s’appuyant sur la mobilisation et le renforcement de la capacité d’action des pays membres de la communauté.

Le président de la république Amadou Toumani Touré a réitéré à ses pairs la disponibilité de notre pays à allouer des terres arables à la communauté sahelo-saharienne afin de garantir la sécurité alimentaire et impulser l’intégration économique dans l’espace communautaire.

La Libye, de son côté, s’est proposée d’abriter dans les tous prochains jours, une grande conférence internationale sur le défi de la sécurité alimentaire dans la Communauté des États sahélo-sahariens.


Un comité de gestion de crises.

L’urgence du thème de la conférence agricole et de la sécurité alimentaire dans l’espace Cen Sad, n’a pas occulté les graves menaces qui pèsent sur la sécurité de la sous-région.

Ainsi les chefs d’État et de gouvernement ont examiné la situation à la lumières des conflits qui ensanglantent le Tchad et le Soudan, la Somalie, l’Erythrée et des agissements des bandent armées qui opèrent dans les septentrions malien et nigérien. La conférence a pleinement adhéré à l’initiative de président Amadou Touré d’organiser une conférence internationale sur la sécurité dans la bande sahelo-saharienne.

Mais d’ici là, les chefs d’État et de gouvernement ont installé un comité de gestion des crises composé de cinq pays dont le Mali et présidé par le Haut médiateur de l’espace Cen Sad, le guide de la Révolution libyenne, Mouammar Kadhafi. Les chefs d’État ont, par la même occasion, réaffirmé leur opposition aux coups d’État et autres formes de prise de pouvoir par la force.

Le Guide de la révolution libyenne s’étant interrogé sur la capacité des organisations régionales comme la CEDEAO et la CEMAC à conduire l’intégration économique africaine, le Nigeria a tenu avant la fin des travaux à réaffirmer le bien-fondé de la création de l’organisation sous-régionale ouest-africaine qui depuis des décennies oeuvre au bien-être des populations des États membres.

Le chef de la diplomatie nigériane a jugé que l’importance de l’organisation n’est plus à démontrer ainsi que sa complémentarité avec les autres organisations régionales qui oeuvrent à l’intégration du continent.

En prélude au prochain sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine prévu fin juin en Égypte, les dirigeants de la communauté ont également accordé leurs points de vue sur la question du gouvernement de l’Union qui devrait y être discutée.

Ils ont, enfin, élu à la présidence en exercice de l’organisation, le chef d’État béninois, Thomas Yayi Boni, pour un mandat d’un an. Le Tchad s’est porté candidat pour abriter la prochaine session de l’organisation dans un an.

Envoyé spécial

B. COULIBALY

19 Juin 2008