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Quelle honte y a-t-il à se faire épauler pour se libérer d’un ennemi aussi menaçant que le terrorisme et l’islamisme. Quid du devoir d’ingérence humanitaire ?

Le groupe islamiste touareg Ansar al-Din

La CEDEAO a plus que jamais le soutien de l’UA, des Nations Unies pour agir avec fermeté au Mali afin de montrer aux yeux de l’opinion nationale et internationale que le concept de droit international a véritablement prise sur de » quelconques fibres nationalistes « .

L’on ne cesse de gloser sur de prétendues souverainetés qui n’ont jamais pu empêcher le continent africain de tendre la main pour sa subsistance. Pour de petits projets de développement, de modestes infrastructures à édifier dans nos pays, l’establishment n’a jamais pu se rétracter devant les nécessaires appuis de ceux qu’on a fini par appeler pudiquement » partenaires techniques et financiers (PTF) ». Dans le sillage de ces PTF, le continent noir ne pouvait négliger de mettre l’accent sur ce qu’il est convenu d’appeler coopération Sud-Sud.

Et quand le pays traverse de sérieuses difficultés menaçant son existence même, certains petits esprits se cachent derrière de petits nationalismes d’on ne sait quels fils du pays de Firhoun, des Babemba, des Tièba, patati patata, pour s’opposer à une assistance. Comment comprendre que le Mali, avec son armée en putréfaction avancée, plus que menacé de figurer dans son entièreté sur la carte du monde, se refuse à se faire donner un coup de main venant de l’extérieur.

Pourquoi répugne-t-on tant à se faire épauler pour éteindre le feu qui consume si dangereusement le territoire national ? Certains défenseurs de cette » fibre patriotique ou de dignité du Malien » évoquent l’humiliation qui serait ressentie lorsque c’est à travers une intervention de troupes étrangères -aux côtés des éléments de l’armée résiduelle- que le pays du Grand Soundiata Kéita sera libéré. » Autre temps, autres mœurs ! « .

Si humiliation il doit y avoir, ne l’a-t-on pas suffisamment bue jusqu’à la lie en voyant nos militaires jeter armes et treillis et prendre la poudre d’escampette devant des bandits armés. L’humiliation n’était-elle pas à son comble quand nos militaires se sont ridiculisés en se tirant dessus dans les rues de Bamako ? La honte n’était-elle pas nôtre quand ceux qui sont chargés de chasser les bandits armés et autres jihadistes des régions occupées se pavanaient à Bamako pour terroriser les paisibles citoyens ?

N’étions-nous pas confus et devenus la risée de nos voisins lorsque des chefs d’Etat de la CEDEAO arrivant à Bamako n’ont pu atterrir, nos hommes en uniforme ayant laissé des badauds surexcités envahir la piste d’atterrissage pour les empêcher de venir chez nous ? Enfin, ne sommes nous tombés des nues quand des jeunes ont porté la main sur celui qui incarne la première institution de notre République (res-publica : le bien public le plus élevé) ? Sachons raison garder pour nous assumer.

Bruno D SEGBEDJI

L’Indépendant du 31 Mai 2012