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Depuis la rentrée académique 2007-2008, les différents syndicats de l’école ne cessent d’étaler leur mécontentement par rapport au traitement accordé à leurs doléances par les autorités maliennes. D’où les grèves, la prise en otage des feuilles, des compositions…

En effet, la Fédération de l’Education Nationale (FEN) qui, jusque-là, était la seule organisation syndicale à ne pas faire signe de vie, vient d’entrer dans la danse, en organisant, le mardi 26 Février 2008, une marche sur le ministère des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique.

Parti de l’école de Fougères, les marcheurs, dirigés par le secrétaire général de la FEN, M. Youssouf Ganaba, ont été immobilisés devant la porte du département de tutelle (Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique) par un important dispositif des forces de sécurité. Mais finalement reçu par le Chef de cabinet dudit département, le secrétaire général de la FEN a lu et lui a soumis une déclaration qui fait ressortir les causes de la marche.

Déclaration de la FEN « L’école malienne est notre raison commune d’être, autorités scolaires et syndicats d’enseignants. Le visage que cette école présente suscite maintes interrogations et nous interpelle à plusieurs égards. Elle ressemble aujourd’hui à un imbroglio indescriptible, compte tenu de l’attitude de navigation à vue adoptée par les autorités.

L’école malienne est, de nos jours, un champ d’expérimentation de plusieurs méthodes pédagogiques qu’on ne se soucie guère d’évaluer.

Il s’agit notamment de la pédagogie convergente et du curriculum. Des innovations pédagogiques sont incessamment introduites dans le système, sans créer les conditions indispensables à leur réussite et à leur pérennisation (formation des maîtres, matériel didactique, adhésion des parents, documentation, suivi-évaluation).

A cela viennent s’ajouter les effets pervers d’une privatisation tous azimuts. La Fédération de l’Education Nationale (FEN) n’est pas opposée à l’intervention des privés dans le domaine de l’éducation. Mais cette intervention doit être soumise à une réglementation que l’Etat doit faire respecter dans tous ses aspects, car il y va de l’avenir de la nation. Il ne suffit pas d’à voir de l’argent ou des locaux, pour entreprendre dans le domaine de l’Education.

Nous voulons également attirer l’attention des autorités sur les conséquences de la décentralisation, au niveau de l’Education. L’application de la décentralisation, ici, se traduit parle transfert de certains ordres d’enseignement à certaines collectivités qui n’ont pas toujours les moyens de faire face à leurs nouvelles charges. Cela jette des enseignants dans des conditions précaires de vie et de travail et entraîne la chute de la qualité de l’enseignement.

En somme, la FEN condamne la politique de désengagement multiforme de l’Etat tendant à tuer l’école publique qui doit demeurer l’ossature de l’école malienne.

Elle invite les autorités à faire des choix souverains et judicieux en matière d’éducation, et à rompre avec la navigation à vue en cours.

Concernant le volet des revendications, la FEN, de sa naissance à nos jours, a, de haute lutte, enregistré des résultats importants dont nous faisons ici économie. Force est, cependant, de reconnaître que beaucoup reste à faire.

En effet, ces dernières années, le BFN (Bureau Fédéral National) est confronté à des fuites en avant, voire à une mauvaise volonté manifeste des autorités, dans le traitement des revendications majeures des enseignants. Il est inadmissible que ces revendications restent en l’état, depuis trois ans.

Nous exigeons, ici et maintenant :

1- La relecture de la Convention Collective de l’Enseignement Privé Catholique. Il n’est pas superflu de préciser que la convention en vigueur date de Février 1969.

2- La levée des obstacles juridiques à l’accès des contractuels aux postes de responsabilité et à la formation.

3- La mise en place du conseil supérieur de l’éducation.

4- L’octroi d’une indemnité de logement à tous les enseignants, eu égard aux exigences spécifiques de leur fonction.

Le silence et l’immobilisme des autorités, sur les points, se sont accentués depuis la prise de fonction du nouveau gouvernement.

La FEN dénonce avec la dernière énergie ce triste sort réserver à ses revendications étant entendre que l’administration est une continuité.

Face à cette situation, le Bureau Fédéral National entend prendre toutes ses responsabilités pour sortir les dossiers suscités d’un traitement qui ne leur sied pas.

Moussa TOURE

27 février 2008.